Ma vie

J'ai été victime d'attouchements de la part de ma grand-mère jusqu'à l'âge de 12 ans, de violences physiques et verbales de la part de ma mère et ma grande soeur (mon père étant parti lorsque javais 4 ans).
Les violences allaient jusqu'à m'enfermer dans le placard des heures durant car " j'étais infernale, j'empêchais tout le monde de respirer !!!"
Et puis "elles" (ma mère et ma soeur, d'un commun accord) ont fini par me jeter de la chambre que je partageais avec ma soeur pour dormir par terre dans le salon... mes affaires étant restées dans la chambre de ma soeur, je ne pouvais y accéder puisque je n'avais pas le droit d'y entrer...
Je n'avais pas le droit non plus de marcher sur le même trottoir qu'elle pour aller à l'école, elle me réveillait la nuit à coups de livres sur la tête...; et ma mère me disait de me défendre !!!
Je précise que tout cela m'empêchait de grandir et de m'épanouir physiquement : il faut dire qu'à l'âge de 11 ans, je mesurais 1, 32 mètres et pesais 19 Kg, on pourrait rapidement faire le lien et dire que l'anorexie pointait le bout de son nez depuis la plus petite enfance !
Mais ce n'est pas tout, le voisin du dessus, un vieux qui battait sa femme et était alcoolique, emmenait mon chat dans la cave de l'immeuble pour boire et attendait que je vienne le chercher et puis il me chopait pour me tripotter, il m'asseyait sur sa table de travail, je me rappelle de tout, la façon dont ses outils étaient disposés sur le mur, son odeur d'alcool mêlée à la bave et à l'odeur de dents pourries.
Il me calait une jambe avec son ventre contre la table et me tenait par le haut du bras d'une main et me tripottait ma choupette de l'autre main.
Et je me laissais faire, pas au début, quand j'étais toute petite, je voulais lui donner des coups de pieds dans le ventre, je me rappelle de tout, je devais avoir 5 ans ou quelque chose comme ça, et puis après je me laissais faire.
Et puis le soir je prenais le bain avec ma mère et je la champouinais partout : le sexe, le nombril les seins.... ça a duré des années, c'était comme un rituel, j'en avais besoin, et elle se laissait faire....
Chemin faisant, je suis partie de la maison (trop de violence) à 15 ans, en vacances chez mon père (duquel j'ai été victime d'attouchements à l'âge de 4 ans et demi lors de vacances passées chez lui), Et puis au bout de deux mois il m'a foutu dehors "tu peux crever, je viendrais cracher sur ta tombe", qu'il m'a dit. Ma belle mère (âgée de 23 ans), m'a tabassée un bon coup devant lui, comme pour vérifier qu'il ne dirait rien....
Et je suis partie, sac-à-dos, errant (ça a duré des années).
Mais quelques mois après mon départ de chez mon père, un soir, alors que je logeais momentannément chez une copine (de beuverie), je suis rentrée un peu saoule et heureuse (j'avais quinze ans et demi), un homme est entré dans ma chambre et il m'a violée, j'avais fermé la porte à cléf mais il a passé son bras par le naco un peu plus haut.
J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourrir, je ne pouvais plus respirer, mais ça venait de dedans, dedans la gorge, je sais pas comment le dire autrement. J'ai eu aussi très très mal, la douleur a duré 2 semaines je ne sais plus très bien, c'était déchiré au niveau de ma choupette, ça saignait et la douleur se réveillait à chaque fois que je faisais pipi et que je me douchais.
Je n'ai pas porté plainte, j'avais peur qu'on me renvoie chez ma mère, j'étais perdue, j'ai pris mon sac et je suis repartie, j'ai tapé au hasard à plusieurs portes, et un couple d'homosexuels a accepté de m'héberger pour un mois. Je précise qu'à ce moment là j'étais à l'école bien sûr, en BEP secrétariat, les profs ne voyaient rien, je dormais dans la rue, dans des voitures, chez n'importe qui, par terre... et je me douchais dans les douches communes, je n'avais pas de livres mais je bossais bien, j'étais deuxième de la classe.
Je ne sais pas comment je faisais, ça venait tout seul (" la science infuse !!! ") J'ai eu la chance de tomber sur des gens qui abusaient un peu de ma gentillesse et de ma serviabilité mais pas de mon corps.
Cette errance a duré un peu plus de 7 ans, entre temps j'ai rencontré un mec avec qui j'ai "vécu" (erré) 4 ans, violent, alcoolique, mal dans sa peau. Puis je suis partie en afrique du sud pendant 4 mois, ça m'a permis de faire un peu le point et de me questionner sur mon avenir, c'est là que j'ai décidé de renter chez moi et de passer le concours d'entrée en formation d'éducatrice.
J'ai trouvé un boulot stable, pendant 3 ans qui me permettait de me poser et de préparer ce concours.
C'est là que j'ai rencontré un garçon avec qui je suis restée 3 ans, il était tellement gentil que je ne le supportais pas, ça m'éttoufait et je ne comprennais pas pourquoi " tant d'honneurs " pour une personne telle que moi (une pauv fille !!!), donc j'ai fait une dépression pendant un an.
Nous nous sommes séparés et là, grâce à cet homme, j'ai entrepris une thérapie, je suis entré en formation d'éducatrice 1 an après.
Donc rebelotte : déménager, démissionner, recommencer une nouvelle vie avec la formation, la thérapie, la galère car plus d'argent, perdu tous mes droits assedic puisque j'ai démissioné...
J'ai volontairement passé une multitude de détails : parmis lesquels de multiples agressions dont j'ai été victime pendant toutes mes années d'errance, agressions que je trouvais normales, puisque j'étais persuadée de ne mériter que ça.
En début de thérapie, les 6 premiers mois, tout allait "bien", trop bien, en fait je n'avais fait que gratter la première couche de vernis.
Restait donc l'essentiel, tout ce dont je n'avais pas réellement conscience, tout ce que je niais, les attouchements.
A cette époque, je préférais encore croire aux monstres, oui, je croyais que les nuits étaient pleines de monstres, que c'étaient eux qui mettaient leur mains dans ma culotte !!!!
Alors je suis devenue anorexique, je préférais ça plutôt que de dénoncer la relation incestuelle avec mon père et ma mère qui a nourrit mon enfance, je préférais ça plutôt que de dénoncer les attouchements de mémé la nuit lorsque je dormais dans son lit car elle ne me laissait pas d'autre choix.
Je préférais aussi ça plutôt que de dénoncer la violence morale et physique de ma soeur, l'isolement, les enfermements dans le placard, les coups, les humiliations.
La honte, l'impensable, tout ce que je ne pouvais pas dire et qui remplissait mon corps, à tel point que je me sentais vide. Alors qu'en fait j'étais pleine de vide, trop pleine de "vide d'amour", plus rien ne pouvait rentrer dans ce corps, rien.
Après être tombée à 39 kg pour un mètre 65, au mois de juin 2005, j'ai décidé de "me prendre en main" (aujourd'hui je dirai plutôt : "de prendre soin de moi") et depuis, je mange lamentablement quelques légumes vapeur le soir, toujours les mêmes, et parfois du poisson (vapeur aussi, on sait jamais des fois que je prendrais un gramme!!!!)
Mais que le soir, la journée je ne peux pas, je mange quelques fruits, je fais 2 h de sport par jour et je ne sais pas comment je tiens, mais en tout cas, j'ai arrêté de me faire vomir, et ça, c'est ma petite victoire, je n'en pouvais plus, il fallait que ça s'arrête, d'ailleurs, depuis que j'ai arrêté de vomir la nourriture, ce sont les mots qui sortent.
A moins que ce ne soit le contraire : depuis que je parle, j'ai arrêté de vomir, ça fait un an et demi maintenant.
Aujourd'hui, je ne suis pas plus heureuse, je ne dors pas plus la nuit, je suis toujours insomniaque, un peu angoissée, je ne veux plus qu'on me touche. 4 ans de thérapie et 4 ans que personne ne m'a touchée, pas même un coiffeur pour égaliser mes cheveux (qui m'arrivent aux fesses !).
Quoi qu'il en soit, je ne fais plus de cauchemars, j'ai compris que les monstres n'existaient pas et que ma mère n'est pas un ange, une chose sans sexe, idéale, idéalisable.
Oui, j'ai compris que c'était ma vie et qu'il allait falloir que je l'accepte une bonne fois pour toutes si je veux pouvoir vivre "normalement", c'est-à-dire : partager, m'ouvrir au monde extérieur. ça prendra peut-être 10 ans mais qu'importe !
J'ai coupé les ponts (définitivement?) avec ma famille le 29 août 2005, et j'ai fait une demande de changement de nom de famille, je ne peux porter plainte puisque ma grand-mère est morte et le vieux du dessus aussi.
Quant à une éventuelle plainte contre mes parents, ce n'est pas possible, le délai de prescription étant passé !!!! et oui, comme de nombreuses victimes d'inceste, je suis périmée !!!
Bon je stoppe là en espérant n'en avoir pas trop dit d'un coup, mais j'ai mis 28 ans à commencer à parler, aujourd'hui j'en ai 29 et quand j'en parle, ça sort tout d'un coup, mais ça me fait du bien et ça me laisse un peu de place pour les autres, pour les écouter.
Merci de prendre le temps de me lire, ça me fait du bien.
Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 06:15
COMME JE VOUS AIME ET QUE JE PENSE À VOUS TOUS LES JOURS, JE VOULAIS VOUS DIRE QUE JE SERAI ABSENTE JUSQU'EN DÉBUT SEPTEMBRE CAR JE DÉMÉNAGE, ET OUI !!!
J'AI ACHETÉ UN APPARTEMENT !
çA Y'EST, JE SUIS UNE GRANDE FILLE, ENFIN CAPABLE DE ME FIXER QUELQUE PART Où JE ME SENTE BIEN, CHEZ MOI, UN PETIT NID TOUT DOUILLET
JE METTRAI DES PHOTOS

JE SUIS HEUREUSE DE VOIR QUE JE SUIS EN TRAIN DE PERDRE CETTE FÂCHEUSE HABITUDE QUE J'AVAIS DE "ME FAIRE ABANDONNER", OU DE ME DÉBROUILLER POUR "ME FAIRE VIRER", OU BIEN POUR TOUJOURS PARTIR D'UN LIEU EN CONFLIT, C'ÉTAIT PLUS SIMPLE POUR MOI CAR J'ÉTAIS PERSUADÉE DE NE RIEN MÉRITER, DE N'ÊTRE QU'UNE BONNE À RIEN ! (SI CE N'EST : BONNE À ABANDONNER, BONNE À TAPER, BONICHE...)
MAINTENANT, AVEC LE RECUL DE CES 5 DERNIÈRES ANNÉES D'ABSTINENCE ET DE THÉRAPIE, JE PEUX DIRE QUE JE SUIS EN TRAIN DE ME CONSTRUIRE MA PETITE VIE À MOI, MES DÉSIRS, MES PLAISIRS, MES MANQUES, MES DOUTES, MES PEURS, MA PERSONNE QUOI !

MALGRÉ CE POST TRÈS POSITIF, JE DOIS VOUS AVOUER QUE JE ME SENS ENCORE PARFOIS INCONSISTANTE, DANS LE DOUTE EN PERMANENCE (EST-CE QUE J'AI BIEN FAIT, EST-CE QUE J'AI BIEN DIT, ET SI J'AVAIS DIT AUTRE CHOSE, ET SI JE FAISAIS COMME L'AUTRE...........ETC). CE QUI EST ÉPUISANT, MAIS C'EST COMME çA, JE SUIS COMME çA
AUSSI, JE NE SUIS TOUJOURS PAS CAPABLE D'ENVISAGER UNE RELATION À DEUX, JE SUIS ENCORE TRÈS CENTRÉE SUR MOI-MÊME, J'AI ENCORE BESOIN DE M'APPROPRIER (MON CORPS ET MA TÊTE), DE M'APPARTENIR À MOI-MÊME.

MERCI À VOUS TOUS POUR VOTRE SOUTIEN-ACCOMPAGNEMENT, JE REVIENDRAI DE TEMPS À AUTRE, DEPUIS UN CYBER CAFÉ.

JE VOUS AIME ! ET JE PENSE À VOUS

MERCI LANCELOT POUR TON MESSAGE

BIZ BIZ BIZ

Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Commentaires

Tu reviens quand?
Commentaire n°1 posté par Enriqueta le 06/09/2007 à 08h24
Alors je te souhaite un bon emmenagement dans ta future demeure, ta future vie presque serais-je tentée de dire... A bientôt!
Commentaire n°2 posté par Enriqueta le 08/08/2007 à 09h42

un appartement à toi, ton nid ? j'ai hâte que tu nous en parles. Bon emménagement et à très bientôt.

Commentaire n°3 posté par captaine lili le 08/08/2007 à 10h31
Bonne installation !
Bien à toi
Commentaire n°4 posté par Pixel bleu le 09/08/2007 à 10h20
quelle bonne nouvelle !
et aussi je me sens heureuse de te lire si heureuse , garde bien ce bonheur et cette confiance ... ce sont des amis aussi ...
bisous tout doux
Commentaire n°5 posté par missauboulot le 10/08/2007 à 09h06

c\\\'est une grande nouvelle Gaiia, j\\\'en suis heureuse pour toi, tout ce chemin parcouru depuis ton premier blog sur psycho. Si nous t\\\'avons aidé, j\\\'en suis heureuse mais sache que toi, tu m\\\'as beaucoup aidé dans une décision prise il y a un an et pour ça, mes filles et moi nous te disons merci.


Reviens nous vite.

Commentaire n°6 posté par irene le 20/08/2007 à 18h13
Et l'oiseau prend son envol...pour trouver le chemin de la liberté....A bientôt Gaiia !
Commentaire n°7 posté par la petite cerise le 14/08/2007 à 15h59
Salut Gaiia !

Ca fait si longtemps que je ne suis pas venue te rendre visite.... moi aussi je me suis centrée sur moi, débordée par moi-même... bref...

Je suis très contente pour toi de ce nouveau pas vers ton indépendance, vers la redécouverte de toi !!!

Je te souhaite beaucoup de bonheur et d'épanouissement dans ton nouvel appartement : celui du bonheur pour toi !!

Grosses bises !
Commentaire n°8 posté par Elena le 15/08/2007 à 08h45
Félicitations pour cette nouvelle acquisition et bon succès pour cette nouvelle étape de ta vie ! Bon we. A bientôt.
Commentaire n°9 posté par lancelot le 18/08/2007 à 10h03
J\\\'espère que le déménagement se passe bien et que toi aussi tu continues ta belle évolution. Bises.
Commentaire n°10 posté par ariaga le 24/08/2007 à 16h14

Bon courage pour le déménagement.

Ne t'inquiète pas, tout le monde se sent inconsistant, à un moment ou à un autre!

Gros bouleversement qu'un changement de nid; à traverser avec précaution. Je te souhaite beaucoup de bonheur (ou plutôt beaucoup de joie) dans cette nouvelle étape.

Commentaire n°11 posté par seb (diogene) le 26/08/2007 à 01h52

Voudrais-tu participer à ce jeu :


http://lequipedechoc.over-blog.com/article-11852968-6.html#anchorComment


 

Commentaire n°12 posté par Enriqueta le 30/08/2007 à 08h30

coucou ,


ça fesai un moment que je ne suis venue sur ton blog et c'est une bonne nouvelle que ton envol.


Tout mes voeux de bonheur dans ta nouvelle maison;


C'est avec hate que j'ai de te lire à nouveau

Commentaire n°13 posté par yonyon le 03/09/2007 à 23h10

Bruno m'a fait parvenir un mail dans lequel il y avait un commentaire pour ton blog. Un jour il a lu ton blog et il a voulu te laisser un com mais ça ne marchait pas. Je ne sais pas de quelle note il s'agit, alors je te le copie ici :


Ce genre de situation est hélas trés courant, presque banal si l'on peut dire.

 



Ta chef a peut etre juste choppée la grosse tete et elle exerce son pouvoir avec delectation, et sans consignes particulieres de la direction... encore 2, 3 incidents de ce genre, 1, 2 remarques de sources différentes et plutot bien "cotés", auprés de la direction de façon discréte, les choses ne vont pas bouger en apparence...mais peut etre que la grosse tete va se dégonfler un petit peu...aprés un petit entretien avec son N+1 autour d'un café, a la cantine, ou dans un bureau...

 



Autre cas, ta chef est un peu "jeune" elle developpe des methodes, ou des discours....qui definissent SON objectif, elle a un plan de carriére et elle "déroule", management par le stress qui descend a tous les etages, alors recul, tranquille, et siege ejectable pour elle, car baisse de niveau de perf de son service, ou l'art de gerer un chef par ces propres objectifs et son propre stress

 



Dernier cas, ta chef ne fait que relayer les objectifs de la direction, elle a carte blanche pour performer son service....alors pourquoi pas un exemple au hasard et mettre de la pression.

 



Dernier volet en terme relationnel, ecoutes tes collégues toujours enclin a se rebeller en buvant un café, mais fait tres attention de ne pas etre le pion qui va virer l'element genant et decouvrir un vide de solidarité lors de ton licenciement...

 



Observe l'environnement...observe les gens...analyse tes besoins et tes sentiments...et pense lachement a toi, fais la part des choses, et laisse parfois les victimes se revolter, a moins que ton combat a toi passe au travers des autres...

 



Bien a dire, bien a toi

 



La force est en toi, ne l'oublie pas

 



 

Commentaire n°14 posté par Enriqueta le 05/10/2007 à 21h53
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