Mardi 20 février 2007
DATE: 11/22/2006 09:10:41 AM Ma dernière visite chez le psy a été révélatrice, comme toutes les autres, mais différemment (je pourrai dire aussi : "comme toutes les autres" puisque c'est à chaque fois différent ...).
Je lui ai fait part de ma tristesse, ce n'est pas la première fois et je pense qu'il (je) commence à se (me) lasser de cette tristesse.
Donc "il s'est moqué de moi" (ce que je prends comme tel).
En clair, il ne m'a pas apporté de solution (comme d'habitude) puisqu'il n'y en a pas, du moins, elle est en moi !!!.
Par contre, il ne s'est pas privé de me dire (comme il me l'a déjà dit) que "rien ni personne ne m'empêche concrètement de sortir, de voir du monde et d'être heureuse, le passé est passé, il n'est pas présent, rien ne justifie que je vive actuellement constamment sur le qui-vive"
Et oui,
Et il a raison,
Et je le sais,
Et je n'arrive pas à faire autrement,
Et je pleure comme pour lui dire "mais voyez comme je suis malheureuse" et ça ne marche pas (heureusement).
C'est comme si j'espérai au fond de moi, sans (me) l'admettre, sa réaction !
Je lui (me) donne le contraire de ce que je voudrai lui (me) donner.
Bon, alors j'ai décidé, suite à cela, d'arrêter définitivement de me faire du mal (vomir) et de manger, comme je peux, ce que je peux. ça fait 4 jours que ça dure ! Miracle ! Honnêtement, je me trouve d'un pathétique !
Mais je n'ai pas le choix, il me faut en passer par là.
L'anorexie, j'ai décidé de considérer cela comme une drogue, comme lorsque je fumais, il me faut arrêter, arrêter de mettre ma vie, mon corps, en danger.
Alors pour ça, il me faut faire les choses concrètement en passant par le commencement.
Et le commencement il est là : me nourrir.
Bon sang, c'est pourtant élémentaire et c'est pourtant la première chose qui est prise en compte dans la pyramide de Maslow : le besoin physiologique (la personne a t-elle mangé à sa faim ? si oui, elle peut commencer à se préoccuper de son sentiment de sécurité). Comment puis-je commencer à m'estimer, à avoir confiance en moi si j'ai constamment faim, si je me fais toute le temps vomir dès lors que je mange quelque chose ??? soyons honnête !
Donc depuis 4 jours, chaque nouvelle journée est une victoire, ma petite victoire à moi. Je vais vous livrer là un moment passé au travail, moment qui témoigne que, plus je suis attentive à mes besoins et à ma personne et plus je parviens à donner de mon temps et à être à l'écoute :
Ce matin, je prends le petit déjeuner avec une petite fille de 9 ans, il est 6 h et nous sommes toutes les deux, c'est la première fois que je prends le temps de partager le petit déjeuner avec quelqu'un au travail.
Cette petite fille me raconte comment son papa a abusé d'elle, comment il a tapé sur son petit frère un jour où il avait trop bu, elle me dit qu'elle espère bien qu'il ira en prison, elle paraît sincère, je sens par son regard que ça n'est pas un discours qu'elle tient de quelqu'un d'autre.
Elle sourit, un sourire d'enfant, oui d'enfant, avec toute sa fraicheur, toute sa naïveté, et pourtant, elle n'est pas dupe, loin de là. elle me dit que lorsqu'elle a révélé les faits à sa mère, son père n'en était pas au premier viol, il l'avait fait plusieurs fois (elle n'utilise pas le mot "viol" mais "abus" qu'elle me dit tenir de sa mère) Je lui pose la question qui me taraude pour moi-même depuis des années : "qu'est ce qui a fait que tu as fini par raconter les abus de ton papa à ta maman ?"
Elle me répond que c'est parce que, un jour, sa maman lui a dit : "si un jour ton papa te touche ton corps, tu me le dis de suite" Alors elle a parlé, Tout simplement, Et là, elle me sourit !
Et là, je me dis : "Pfffffffffffffffffff mais bien sûr, évidemment, si maman m'avait dit que mon corps m'appartient, à moi seule, si seulement elle m'avait dit ça, cette toute petite phrase, si insignifiante par son évidence ! Peut-être que j'aurais pu parler au moment des faits !!!"
Mais non, au lieu de ça, elle se moquait de mon corps (trop petit, trop maigre, pas assez musclé, pas assez gros, trop-pas-assez-trop...).
Elle me laissait tripotter son corps de mille manière, se montrait à moi sans pudeur et regardait mon corps toujours sans pudeur, me disait de me laisser faire lorsque mémé me touchait les seins, papa aussi, lui, il me laissait toucher son zizi, alors je me laissais faire aussi la nuit....
Je suis soulagée de voir que, pour cette petite fille, la parole s'est libérée, elle se rappelle très bien des évènements, elle en parle. Pas à n'importe qui mais elle en parle avec dignité, elle mesure (déjà à son âge) la gravité des faits.
Oui, je suis soulagée de voir que cette enfant a été entendue à un moment donné. Je crois que c'est très réparateur pour moi.
Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai pas de regret.
C'est ma vie à moi. Je pourrai me dire : "Je regrette que mémé soit morte, j'aurai pu porter plainte".. etc..
Mais non, je ne regrette rien du tout, je suis comme je suis, c'est peut-être ça aussi qui me rend triste parfois, mais je pense que cette tristesse a du bon quand même.
J'ai comme l'impression que ces moments de tristesse m'aident à me dire : "ok, t'es comme ça, ok c'est triste, mais regarde autour de toi, le soleil, la mer, les oiseaux, les gens qui t'aiment..., profites du temps présent, ce temps là, il est là pour toi ici et maintenant, alors profites-en"
A la fin de notre discussion, nous en venons à parler de "l'amour", je dis à la petite fille que, lorsque quelqu'un lui offre un cadeau ou de l'argent, ce n'est pas de l'amour qu'il (ou elle) lui offre, c'est tout simplement "un cadeau ou de l'argent" !!!
Je lui dis que l'amour ne se compte pas, ne se mesure pas.
Elle me dit : mais alors, c'est quoi l'amour ?
Je lui dis qu'il y a plein de formes différentes d'amour, par exemple, moi, je l'aime à ma manière, manière qui est différente de celle de sa mère ou de son frère ou de ses copines, nous l'aimons tous d'une manière différente.
C'est le temps que nous partageons, l'échange, l'écoute que nous nous offrons, qui peut témoigner de la sincérité de notre amour pour elle et vice versa...
Je ne sais pas si j'ai été très claire, mais elle paraissait satisfaite ! C'était drôle et tout mignon !
Bon c'est pas tout mais je vais nager à la piscine, il fait beau ! Biz à toutes et à tous à bientôt et merci de votre présence, je vous lis tous avec beaucoup d'intérêt !
Je lui ai fait part de ma tristesse, ce n'est pas la première fois et je pense qu'il (je) commence à se (me) lasser de cette tristesse.
Donc "il s'est moqué de moi" (ce que je prends comme tel).
En clair, il ne m'a pas apporté de solution (comme d'habitude) puisqu'il n'y en a pas, du moins, elle est en moi !!!.
Par contre, il ne s'est pas privé de me dire (comme il me l'a déjà dit) que "rien ni personne ne m'empêche concrètement de sortir, de voir du monde et d'être heureuse, le passé est passé, il n'est pas présent, rien ne justifie que je vive actuellement constamment sur le qui-vive"
Et oui,
Et il a raison,
Et je le sais,
Et je n'arrive pas à faire autrement,
Et je pleure comme pour lui dire "mais voyez comme je suis malheureuse" et ça ne marche pas (heureusement).
C'est comme si j'espérai au fond de moi, sans (me) l'admettre, sa réaction !
Je lui (me) donne le contraire de ce que je voudrai lui (me) donner.
Bon, alors j'ai décidé, suite à cela, d'arrêter définitivement de me faire du mal (vomir) et de manger, comme je peux, ce que je peux. ça fait 4 jours que ça dure ! Miracle ! Honnêtement, je me trouve d'un pathétique !
Mais je n'ai pas le choix, il me faut en passer par là.
L'anorexie, j'ai décidé de considérer cela comme une drogue, comme lorsque je fumais, il me faut arrêter, arrêter de mettre ma vie, mon corps, en danger.
Alors pour ça, il me faut faire les choses concrètement en passant par le commencement.
Et le commencement il est là : me nourrir.
Bon sang, c'est pourtant élémentaire et c'est pourtant la première chose qui est prise en compte dans la pyramide de Maslow : le besoin physiologique (la personne a t-elle mangé à sa faim ? si oui, elle peut commencer à se préoccuper de son sentiment de sécurité). Comment puis-je commencer à m'estimer, à avoir confiance en moi si j'ai constamment faim, si je me fais toute le temps vomir dès lors que je mange quelque chose ??? soyons honnête !
Donc depuis 4 jours, chaque nouvelle journée est une victoire, ma petite victoire à moi. Je vais vous livrer là un moment passé au travail, moment qui témoigne que, plus je suis attentive à mes besoins et à ma personne et plus je parviens à donner de mon temps et à être à l'écoute :
Ce matin, je prends le petit déjeuner avec une petite fille de 9 ans, il est 6 h et nous sommes toutes les deux, c'est la première fois que je prends le temps de partager le petit déjeuner avec quelqu'un au travail.
Cette petite fille me raconte comment son papa a abusé d'elle, comment il a tapé sur son petit frère un jour où il avait trop bu, elle me dit qu'elle espère bien qu'il ira en prison, elle paraît sincère, je sens par son regard que ça n'est pas un discours qu'elle tient de quelqu'un d'autre.
Elle sourit, un sourire d'enfant, oui d'enfant, avec toute sa fraicheur, toute sa naïveté, et pourtant, elle n'est pas dupe, loin de là. elle me dit que lorsqu'elle a révélé les faits à sa mère, son père n'en était pas au premier viol, il l'avait fait plusieurs fois (elle n'utilise pas le mot "viol" mais "abus" qu'elle me dit tenir de sa mère) Je lui pose la question qui me taraude pour moi-même depuis des années : "qu'est ce qui a fait que tu as fini par raconter les abus de ton papa à ta maman ?"
Elle me répond que c'est parce que, un jour, sa maman lui a dit : "si un jour ton papa te touche ton corps, tu me le dis de suite" Alors elle a parlé, Tout simplement, Et là, elle me sourit !
Et là, je me dis : "Pfffffffffffffffffff mais bien sûr, évidemment, si maman m'avait dit que mon corps m'appartient, à moi seule, si seulement elle m'avait dit ça, cette toute petite phrase, si insignifiante par son évidence ! Peut-être que j'aurais pu parler au moment des faits !!!"
Mais non, au lieu de ça, elle se moquait de mon corps (trop petit, trop maigre, pas assez musclé, pas assez gros, trop-pas-assez-trop...).
Elle me laissait tripotter son corps de mille manière, se montrait à moi sans pudeur et regardait mon corps toujours sans pudeur, me disait de me laisser faire lorsque mémé me touchait les seins, papa aussi, lui, il me laissait toucher son zizi, alors je me laissais faire aussi la nuit....
Je suis soulagée de voir que, pour cette petite fille, la parole s'est libérée, elle se rappelle très bien des évènements, elle en parle. Pas à n'importe qui mais elle en parle avec dignité, elle mesure (déjà à son âge) la gravité des faits.
Oui, je suis soulagée de voir que cette enfant a été entendue à un moment donné. Je crois que c'est très réparateur pour moi.
Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai pas de regret.
C'est ma vie à moi. Je pourrai me dire : "Je regrette que mémé soit morte, j'aurai pu porter plainte".. etc..
Mais non, je ne regrette rien du tout, je suis comme je suis, c'est peut-être ça aussi qui me rend triste parfois, mais je pense que cette tristesse a du bon quand même.
J'ai comme l'impression que ces moments de tristesse m'aident à me dire : "ok, t'es comme ça, ok c'est triste, mais regarde autour de toi, le soleil, la mer, les oiseaux, les gens qui t'aiment..., profites du temps présent, ce temps là, il est là pour toi ici et maintenant, alors profites-en"
A la fin de notre discussion, nous en venons à parler de "l'amour", je dis à la petite fille que, lorsque quelqu'un lui offre un cadeau ou de l'argent, ce n'est pas de l'amour qu'il (ou elle) lui offre, c'est tout simplement "un cadeau ou de l'argent" !!!
Je lui dis que l'amour ne se compte pas, ne se mesure pas.
Elle me dit : mais alors, c'est quoi l'amour ?
Je lui dis qu'il y a plein de formes différentes d'amour, par exemple, moi, je l'aime à ma manière, manière qui est différente de celle de sa mère ou de son frère ou de ses copines, nous l'aimons tous d'une manière différente.
C'est le temps que nous partageons, l'échange, l'écoute que nous nous offrons, qui peut témoigner de la sincérité de notre amour pour elle et vice versa...
Je ne sais pas si j'ai été très claire, mais elle paraissait satisfaite ! C'était drôle et tout mignon !
Bon c'est pas tout mais je vais nager à la piscine, il fait beau ! Biz à toutes et à tous à bientôt et merci de votre présence, je vous lis tous avec beaucoup d'intérêt !
par gaiia
publié dans :
lincestemavie
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander
