Ma vie

J'ai été victime d'attouchements de la part de ma grand-mère jusqu'à l'âge de 12 ans, de violences physiques et verbales de la part de ma mère et ma grande soeur (mon père étant parti lorsque javais 4 ans).
Les violences allaient jusqu'à m'enfermer dans le placard des heures durant car " j'étais infernale, j'empêchais tout le monde de respirer !!!"
Et puis "elles" (ma mère et ma soeur, d'un commun accord) ont fini par me jeter de la chambre que je partageais avec ma soeur pour dormir par terre dans le salon... mes affaires étant restées dans la chambre de ma soeur, je ne pouvais y accéder puisque je n'avais pas le droit d'y entrer...
Je n'avais pas le droit non plus de marcher sur le même trottoir qu'elle pour aller à l'école, elle me réveillait la nuit à coups de livres sur la tête...; et ma mère me disait de me défendre !!!
Je précise que tout cela m'empêchait de grandir et de m'épanouir physiquement : il faut dire qu'à l'âge de 11 ans, je mesurais 1, 32 mètres et pesais 19 Kg, on pourrait rapidement faire le lien et dire que l'anorexie pointait le bout de son nez depuis la plus petite enfance !
Mais ce n'est pas tout, le voisin du dessus, un vieux qui battait sa femme et était alcoolique, emmenait mon chat dans la cave de l'immeuble pour boire et attendait que je vienne le chercher et puis il me chopait pour me tripotter, il m'asseyait sur sa table de travail, je me rappelle de tout, la façon dont ses outils étaient disposés sur le mur, son odeur d'alcool mêlée à la bave et à l'odeur de dents pourries.
Il me calait une jambe avec son ventre contre la table et me tenait par le haut du bras d'une main et me tripottait ma choupette de l'autre main.
Et je me laissais faire, pas au début, quand j'étais toute petite, je voulais lui donner des coups de pieds dans le ventre, je me rappelle de tout, je devais avoir 5 ans ou quelque chose comme ça, et puis après je me laissais faire.
Et puis le soir je prenais le bain avec ma mère et je la champouinais partout : le sexe, le nombril les seins.... ça a duré des années, c'était comme un rituel, j'en avais besoin, et elle se laissait faire....
Chemin faisant, je suis partie de la maison (trop de violence) à 15 ans, en vacances chez mon père (duquel j'ai été victime d'attouchements à l'âge de 4 ans et demi lors de vacances passées chez lui), Et puis au bout de deux mois il m'a foutu dehors "tu peux crever, je viendrais cracher sur ta tombe", qu'il m'a dit. Ma belle mère (âgée de 23 ans), m'a tabassée un bon coup devant lui, comme pour vérifier qu'il ne dirait rien....
Et je suis partie, sac-à-dos, errant (ça a duré des années).
Mais quelques mois après mon départ de chez mon père, un soir, alors que je logeais momentannément chez une copine (de beuverie), je suis rentrée un peu saoule et heureuse (j'avais quinze ans et demi), un homme est entré dans ma chambre et il m'a violée, j'avais fermé la porte à cléf mais il a passé son bras par le naco un peu plus haut.
J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourrir, je ne pouvais plus respirer, mais ça venait de dedans, dedans la gorge, je sais pas comment le dire autrement. J'ai eu aussi très très mal, la douleur a duré 2 semaines je ne sais plus très bien, c'était déchiré au niveau de ma choupette, ça saignait et la douleur se réveillait à chaque fois que je faisais pipi et que je me douchais.
Je n'ai pas porté plainte, j'avais peur qu'on me renvoie chez ma mère, j'étais perdue, j'ai pris mon sac et je suis repartie, j'ai tapé au hasard à plusieurs portes, et un couple d'homosexuels a accepté de m'héberger pour un mois. Je précise qu'à ce moment là j'étais à l'école bien sûr, en BEP secrétariat, les profs ne voyaient rien, je dormais dans la rue, dans des voitures, chez n'importe qui, par terre... et je me douchais dans les douches communes, je n'avais pas de livres mais je bossais bien, j'étais deuxième de la classe.
Je ne sais pas comment je faisais, ça venait tout seul (" la science infuse !!! ") J'ai eu la chance de tomber sur des gens qui abusaient un peu de ma gentillesse et de ma serviabilité mais pas de mon corps.
Cette errance a duré un peu plus de 7 ans, entre temps j'ai rencontré un mec avec qui j'ai "vécu" (erré) 4 ans, violent, alcoolique, mal dans sa peau. Puis je suis partie en afrique du sud pendant 4 mois, ça m'a permis de faire un peu le point et de me questionner sur mon avenir, c'est là que j'ai décidé de renter chez moi et de passer le concours d'entrée en formation d'éducatrice.
J'ai trouvé un boulot stable, pendant 3 ans qui me permettait de me poser et de préparer ce concours.
C'est là que j'ai rencontré un garçon avec qui je suis restée 3 ans, il était tellement gentil que je ne le supportais pas, ça m'éttoufait et je ne comprennais pas pourquoi " tant d'honneurs " pour une personne telle que moi (une pauv fille !!!), donc j'ai fait une dépression pendant un an.
Nous nous sommes séparés et là, grâce à cet homme, j'ai entrepris une thérapie, je suis entré en formation d'éducatrice 1 an après.
Donc rebelotte : déménager, démissionner, recommencer une nouvelle vie avec la formation, la thérapie, la galère car plus d'argent, perdu tous mes droits assedic puisque j'ai démissioné...
J'ai volontairement passé une multitude de détails : parmis lesquels de multiples agressions dont j'ai été victime pendant toutes mes années d'errance, agressions que je trouvais normales, puisque j'étais persuadée de ne mériter que ça.
En début de thérapie, les 6 premiers mois, tout allait "bien", trop bien, en fait je n'avais fait que gratter la première couche de vernis.
Restait donc l'essentiel, tout ce dont je n'avais pas réellement conscience, tout ce que je niais, les attouchements.
A cette époque, je préférais encore croire aux monstres, oui, je croyais que les nuits étaient pleines de monstres, que c'étaient eux qui mettaient leur mains dans ma culotte !!!!
Alors je suis devenue anorexique, je préférais ça plutôt que de dénoncer la relation incestuelle avec mon père et ma mère qui a nourrit mon enfance, je préférais ça plutôt que de dénoncer les attouchements de mémé la nuit lorsque je dormais dans son lit car elle ne me laissait pas d'autre choix.
Je préférais aussi ça plutôt que de dénoncer la violence morale et physique de ma soeur, l'isolement, les enfermements dans le placard, les coups, les humiliations.
La honte, l'impensable, tout ce que je ne pouvais pas dire et qui remplissait mon corps, à tel point que je me sentais vide. Alors qu'en fait j'étais pleine de vide, trop pleine de "vide d'amour", plus rien ne pouvait rentrer dans ce corps, rien.
Après être tombée à 39 kg pour un mètre 65, au mois de juin 2005, j'ai décidé de "me prendre en main" (aujourd'hui je dirai plutôt : "de prendre soin de moi") et depuis, je mange lamentablement quelques légumes vapeur le soir, toujours les mêmes, et parfois du poisson (vapeur aussi, on sait jamais des fois que je prendrais un gramme!!!!)
Mais que le soir, la journée je ne peux pas, je mange quelques fruits, je fais 2 h de sport par jour et je ne sais pas comment je tiens, mais en tout cas, j'ai arrêté de me faire vomir, et ça, c'est ma petite victoire, je n'en pouvais plus, il fallait que ça s'arrête, d'ailleurs, depuis que j'ai arrêté de vomir la nourriture, ce sont les mots qui sortent.
A moins que ce ne soit le contraire : depuis que je parle, j'ai arrêté de vomir, ça fait un an et demi maintenant.
Aujourd'hui, je ne suis pas plus heureuse, je ne dors pas plus la nuit, je suis toujours insomniaque, un peu angoissée, je ne veux plus qu'on me touche. 4 ans de thérapie et 4 ans que personne ne m'a touchée, pas même un coiffeur pour égaliser mes cheveux (qui m'arrivent aux fesses !).
Quoi qu'il en soit, je ne fais plus de cauchemars, j'ai compris que les monstres n'existaient pas et que ma mère n'est pas un ange, une chose sans sexe, idéale, idéalisable.
Oui, j'ai compris que c'était ma vie et qu'il allait falloir que je l'accepte une bonne fois pour toutes si je veux pouvoir vivre "normalement", c'est-à-dire : partager, m'ouvrir au monde extérieur. ça prendra peut-être 10 ans mais qu'importe !
J'ai coupé les ponts (définitivement?) avec ma famille le 29 août 2005, et j'ai fait une demande de changement de nom de famille, je ne peux porter plainte puisque ma grand-mère est morte et le vieux du dessus aussi.
Quant à une éventuelle plainte contre mes parents, ce n'est pas possible, le délai de prescription étant passé !!!! et oui, comme de nombreuses victimes d'inceste, je suis périmée !!!
Bon je stoppe là en espérant n'en avoir pas trop dit d'un coup, mais j'ai mis 28 ans à commencer à parler, aujourd'hui j'en ai 29 et quand j'en parle, ça sort tout d'un coup, mais ça me fait du bien et ça me laisse un peu de place pour les autres, pour les écouter.
Merci de prendre le temps de me lire, ça me fait du bien.

Mercredi 21 février 2007
DATE: 01/01/2007 01:34:11 PM Ben voila, ça y'est. Je "fête" mes 4 ans de thérapie, de solitude et d'abstinence, pffff quel constat !!! Mais hier il y a eu une très très grande avancée : J'ai fait la fête avec quelques amis sur la plage, il y avait des centaines de personnes, j'étouffais un peu, c'était pas évident mais j'y suis arrivée, je me sentais bien avec eux, incroyable !!! ça a duré jusqu'à 6 heures du matin... Aussi, je tiens à vous remercier tous autant que vous êtes, de votre chaleureuse présence sur mon blog, cela m'apporte beaucoup de plaisir depuis quelques mois, vous êtes fidèles en plus, c'est super réconfortant, valorisant.... enfin, ça fait du bien quoi. Je vous souhaite une merveilleuse année 2007 remplie de joies et de belles rencontres, de paix intérieure aussi À très bientôt !
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/28/2006 06:29:37 AM
Pour répondre à démondesanges Merci de porter réflexion à cette citation, tu es le premier à le faire, moi aussi elle m'intrigue beaucoup, elle est de Beckett. Ce que j'aime avant tout dans cette phrase c'est justement que l'on peut la retourner dans tous les sens, il n'y a rien à comprendre, juste des questions à se poser : Oui, quel avantage y'a t-il à être perçu comme un être humain ? Quelle vision à t-on de l'être humain ? comment le conçoit-on ? La douleur de n'être pas reconnu dans son être son être, je le perçois comme : mon être intérieur, ce que j'ai caché au monde extérieur pendant 25 ans, pour ne pas blesser et pensant me soigner, me protéger, je ne me rendais pas compte que je me détruisais et que je détruisais tout ce qui m'entourait par ma dureté. Etre reconnue comme je suis dedans, ça passait avant tout par moi, ma volonté d'être, ma volonté de montrer mon être intérieur. Et puis avec toutes les difficultés que cela comportait : la honte, la culpabilité, dévoiler tous les mensonges qui m'ont accompagnée pendant 25 ans (une famille idéale, un passé idéal...), Après tout ça, aujourd'hui, je pense être reconnue dans mon être, du moins, auprès des personnes qui m'entourent et sont bienveillante envers moi. Et du coup, je souffre moins, c'est moins douloureux. Parce que ma douleur, elle était bien là : ne pas être reconnue dans mon être, mon être de douleur Voici ce que l'on dit de Beckett dans une de ses biographies : Beckett, dans son œuvre, échappé à l'Histoire : tout ce qui se passe dans ses textes s'est réduit aux dimensions d'un être qui n'est nulle part, insituable et insitué, au-delà ou en-deçà de l'Histoire Pour les fêtes de fin d'année,je ne sais pas ce que je vais faire, certainement rester seule comme pour Noël, c'est drôle, je ne me sens plus triste ces derniers temps, moins fatiguée, je me sens comme résignée, oui, c'est un peu ça : résignée. Je ne peux pas dire blasée car j'ai envie qu'il se passe des rencontres dans ma vie, si j'étais blasée, je n'aurais pas ce genre de désir, alors je dirai que résignée" est le mot qui convient. En fait, c'est un peu comme si je prenais enfin le temps de savourer mes derniers moments de solitude, pour mieux apprécier le partage et les rencontres qui m'attendent. Je vous souhaite de très joyeuses fêtes !!!!!
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/27/2006 07:59:16 AM
Je ne parviens pas à laisser de commentaire sur son blog car dès que j'essaye, une page publicitaire apparaît (page dont je n'ai que faire !!! merci type pad !!!) alors : joyeuses fêtes de fin d'années et meilleurs voeux à toi !!! je pense très fort à toi !!! 
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/24/2006 01:50:36 PM
Elena a été plus vite que moi !!!! Merci à toi alors et joyeux Noël !!! Alors voilà, une petite maison en bois tout à fait charmante que je garde pour les fêtes : Ce matin, lever à 6h, petite promenade sur la plage, avec Gaïa (ici présente) : Et mon humble moi-même !!!! (ici présente aussi, je me lance, il faut bien que vous voyez ma bouille au moins une fois non ?) Et puis ensuite, petite promenade en ville pour faire quelques emplettes, notamment des petits cadeaux pour moi, je me suis évitée l'emballage, je n'y ai pas pensé et puis je me dis que ça aurait eu un petit côté glauque, non non, à consommer tout de suite, des vêtements pour me faire belle pour moi! na ! ensuite, petit bain d'eau froide : rafraîchissant ! et bientôt nouvelle promenade sur la plage pour le coucher du soleil, avec la Gaïa Ce soir, au menu, poisson frais grillé au feu de bois. Noël toute seule, c'est la première fois mais contrairement aux autres années, je ne me sens pas triste, je suis en "congruence", en accord avec moi-même, avec ma peine et ma tristesse, alors, je me sens tranquille, oui, tout simplement tranquille ! Je vous souhaite un merveilleux Noël à toutes et à tous, une belle fête.
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/18/2006 07:08:49 AM Mon horoscope arrive tout seul sur ma boîte à lettre, c'est, je suppose pour la pub des autres sites d'horoscope payants, puisque la page en est garnie ! Voici ce qu'il me dit : "La vie paraît être un long fleuve tranquille, fanny. Vous avez fait votre niche dans un coin de la barque qui flotte au gré des courants... Vous vous arrangez pour que ce soit confortable, les amis et le frigo à proximité ! C'est douillet, et tout va pour le mieux. Mais, attention au retour de manivelle, vous risquez de vous trouvée rapidement enfermée dans votre microcosme si vous ne jetez pas un coup d'œil en proue, de temps en temps !" C'est-y pas beau tout ça ? Exactement ce que je ressens en ce moment, sauf que pour la deuxième partie, à savoir, mettre le nez dehors, c'est pas gagné hein !!!!
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/17/2006 06:11:00 AM
Parce que, ce pour quoi je vis, c'est ce pour quoi je suis prête à mourir... Ce qui fait mon but chaque nouveau jour qui s'offre à moi, c'est la quête, la quête de sens, je voudrais comprendre le sens que je donne à chacun de mes actes, chacune de mes paroles. Comprendre l'autre aussi, peu importe qui finalement, mais comprendre le sens qu'il donne à ses paroles et à ses actes, le sens profond, et puis, le sens que moi je donne à ce sens. Quel sens je donne à ce que traduit le mal-être ou le bien-être d'autrui? Pourquoi je lui donne ce sens ? Mais suis-je prête à en mourir pour autant ? Je crois que si je n'avais pas l'espoir d'y donner un sens (à la vie) et bien je préfèrerais en mourir. Mais alors, c'est l'espoir qui me fait vivre ? suis-je prête à mourir pour cet espoir ? Plus besoin de certitudes, non, les certitudes je n'en veux plus, plus non plus besoin de cette certitude de savoir ce que je vais devenir, savoir ce que vont penser les autres de moi, Plus besoin de ce savoir là, ce savoir figé, contraignant, emprisonant Besoin d'incertitudes, de questionnements, de mouvance. Mais aussi besoin de constance, d'authenticité, de temps. J'aime cette solitude qui m'habite depuis toujours et que je n'accepte que depuis peu, j'aime cette pensée intérieure, j'aime à être dedans, à penser dedans, j'aime ces moments, je me sens libre. J'aime aussi les moments de partage, moments futiles auxquels certains et certaines n'accordent pas ou peu d'importance. Les moments de jeu avec un bébé, les moments où il sourit aux anges, les moments où il bouge ses petites mains en tétant son biberon ou le sein de sa maman, Les moments où j'assiste à une bataille entre deux oiseaux mâles rouges, magnifiques, et l'un d'eux fini par s'en aller, Les moments où je peux admirer l'éclat des couleurs des petites fleurs bleues-violettes, fleurs sauvages, une fois cueillies, c'est comme les coquelicots, elles se fânent, J'aime ces moments passés avec une jeune maman jusqu'à 11 h du soir pour faire du bricolage, et en même temps, la complicité, la parole, le partage. J'aime le regard de la petite fille. Quand elle me voit, elle me fait un sourire magnifique avec ses yeux pleins de malice, elle m'attend, elle parait timide mais en fait, elle est maligne, elle parle peu mais va à l'essentiel, elle sait attendre le moment propice, elle a déjà compris, à 9 ans, où était sa place. C'est depuis que j'ai accepté l'idée de vivre, vivre sans souffrance infligée par moi-même, vivre sans autoflagellation, que je cherche un sens à ma vie. J'ai dans l'espoir de ne jamais trouver ce sens, j'ai dans l'espoir de chercher ce sens le plus longtemps possible, jusqu'à mon dernier souffle. 
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/09/2006 01:00:33 PM
Merci Faust et Elena pour vos messages, je ne sais que répondre tant ils me touchent, c'est bon de se sentir comprise, il fallait vraiment que j'accède à la "parole" (la vraie, celle de ma vie) pour rencontrer des gens comme vous et ne plus me sentir seule ou bizarre ou décalée des autres, pour enfin m'ouvrir au monde extérieur. Hier en fait, je ne voulais pas dessiner la scène, le vieux et moi... je n'y avais même pas pensé car, pour moi, ça n'était même pas pensable. Je voulais juste lui montrer la cave, j'étais pas prête pour le reste, c'était violent, quand j'ai vu qu'il dessinait des personnages, j'ai mis quelques secondes mais j'ai compris et là j'avais honte, je voulais pas, comme si je devais me montrer toute nue. Ce que j'ai oublié de préciser et qui me semble essentiel (sans quoi la vue de ce dessin aurait été insupportable), c'est ce qu'il a dessiné à la fin. Il a fait un trait se dirigeant derrière le vieux et une grande flèche qui lui rentre dedans et il m'a dit : "voilà, et ça, c'est ce qui ne s'est pas produit, la personne qui serait arrivée par derrière pour te sauver de ce vieux dégueulasse, mais maintenant tu peux l'imaginer" Alors même si ça n'est pas vraiment imaginable, je dois dire que le psy m'a prise de court, je ne m'attendais pas du tout à cette "fin" heureuse, et puis le fait qu'il le traite de "vieux dégueulasse", moi je n'y arrive toujours pas mais ça me soulage tellement de l'entendre. C'est pour ça aussi que vos messages me font tant de bien, il y a de la reconnaissance, de la compréhension et de la lumière, une bouffée d'air frais. J'en pleurais encore ce matin, je crois qu'il va me falloir peut-être une semaine pour "digérer" ça (c'est le cas de le dire) à ce propos, je tiens bon, finalement, en trois semaines, je n'aurais craqué qu'une fois, il y a 2 semaines, depuis que je n'ai plus d'ultimatum en terme de dates, je me sens beaucoup mieux, libre. je vous souhaite un très bon week end ! à bientôt
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mercredi 21 février 2007
DATE: 12/08/2006 01:55:23 PM
Bon et bien aujourd’hui c’était pas facile, j’ai été chez le psy, comme tous les vendredis, et comme tous les vendredis, avec cette impression de ne pas l’avoir vu depuis un an. Comme tous les vendredis avec cette sorte de joie que je ressentais enfant lorsque, à Noël, je revoyais mon oncle, cet homme qui me respectait, me parlait comme à une grande, me faisait confiance, m’aimait tout simplement ; je le voyais une fois par an. Lorsque je me rends chez le psy, c’est cette même joie qui fait qu’à chaque fois, je ramasse des petites fleurs pour les lui offrir, ce sont de toutes petites fleurs oranges ou violettes. Magnifiques, j’en ramasse une petite poignée et la lui offre pour lui témoigner mon amour inconditionnel. Depuis quelques jours, je me disais que j’allais lui dessiner la cave, cave dans laquelle le voisin du dessus me tripotait ma choupette. Cave dans laquelle je me rendais lorsque ce même voisin me piquait mon chat pour « me piéger, m’appâter » ou bien lorsque ma sœur ou ma mère me tapaient (ou les deux) ou bien pour me cacher tout simplement, de peur que ma sœur ne revienne de l’école et me tape à nouveau, peur qu’elle me tue. Donc je commence à dessiner les escaliers, le couloir, il tourne à droite, c’est très sombre mais je n’arrive pas à représenter cette « sombritude » sur une feuille blanche, même avec un crayon gris, c’est peut-être parce que au fond, dans ma mémoire, le fond n’est pas blanc, il est noir. C’est le fond de ce souvenir qui est noir. Alors je dessine vaguement le couloir, le début du moins, et, au moment où j’arrive devant la porte de la cave du voisin du dessus, je bloque, incapable d’aller plus loin, je pleure comme une petite fille, le psy lui, il ne comprend pas, il est dans son monde, dans « ce » monde, celui de l’instant présent. Il me demande si c’est ce qu’il vient de dire qui me fait pleurer ! Non, et je pleure de plus en plus, et je lui dis que je n’arrive pas à dessiner, je n’arrive pas à continuer, je peux pas le finir le dessin, c’est trop dur, alors je repasse dix fois, vingt fois sur les traits représentant les murs… et rien à faire, ça vient pas. Pourtant je voulais vraiment lui montrer la cave, je voulais qu’il (le psy) voit comment c’était, la « sombritude » de ce lieu sordide, ce lieu dans lequel je « préférais » aller plutôt que de me prendre des coups par ma sœur et ma mère. Et je pleure, je pleure à chaudes larmes et le psy me propose de finir le dessin à ma place : refus de ma part. Peut-être que je m’imagine qu’il ne peut pas le dessiner aussi bien que je l’ai en tête, peut-être que je pense qu’il faut l’avoir vécu pour savoir le dessiner… Quoi qu’il en soit, il ne se démonte pas et dessine quand même, il dessine comme je l’avais commencé, « vu du dessus », il dessine le corps de la petite fille (moi), les jambes écartées, et le vieux, gros, sur elle, contre le mur, il dessine même son débardeur. Contre le mur, le débardeur, petits détails qui font toute la différence, petits détails qui font que je sens ce dessin « vrai », oui, c’était comme ça. Je pleure là, maintenant, en écrivant tout ça, je suis bouleversée, pas soulagée, non, je me sens comme chavirée, fragile, si fragile. Et c’est tellement bon de « craquer » comme ça, de pleurer pour ça : enfin ! enfin je parviens à pleurer pour ça et à ne plus « pleurnicher » pour les mille choses de la vie de tous les jours. Lorsque je suis arrivée chez le psy, j’ai commencé par lui dire que j’ai de la chance, du moins, c’est ce que je pense, il m’a dit « pourquoi » ? Je lui ai dit que je trouve que j’ai beaucoup de chance car j’ai un travail qui me plaît, une petite vie paisible, je gagne suffisamment ma vie, plus de galères d’argent, plus d’agressions non plus… mais je suis si triste. Il me dit que c’est le manque d’amour, oui, je crois que j’ai besoin et envie d’amour, mais je ne sais pas comment m’y prendre ni comment le gérer. Emotionnellement c’est trop dur, trop fort pour moi, je suis encore trop fragile pour vivre des choses intensément positives. Voilà, merci de m’avoir lu.
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mardi 20 février 2007
DATE: 12/06/2006 04:34:39 PM
Et oui, un petit bilan...Je me dis qu'après tout : y'a pas de mal à se faire du bien ! Donc j'y vais : Depuis le 18 novembre, je n'ai craqué qu'une fois ! (au lieu d'une fois par jours auparavant !) et c'était jeudi dernier comme je vous l'avais dit ! Au final, depuis l'année dernière où j'ai "décidé de prendre soin de moi et d'arrêter de vomir et de manger et de "parler, et bien : plus de balance (alors qu'il y a 1 an 1/2, je me pesais plusieurs fois par jours !!!pour être sûre de ne pas dépasser les 40 kilos !!) et depuis deux semaines, plus de vomissements, sauf une fois. Bien que je trouve cela extrêmement pathétique, et bien je trouve que c'est plutôt pas mal, je suis assez contente de moi. Lorsque je disais que vous êtes ma nourriture, je le pensais vraiment. Disons que j'ai différents types de nourritures : L'entrée et le plat principal sont apportés par le psy, puis un peu mon travail et aussi un forum auquel je participe sur internet concernant les victimes d'inceste et puis quelques amis. Le dessert, c'est mon chien et mon chat Et vous ... vous êtes ma petite cerise sur le gateau, ce petit plus auquel je ne m'attendais pas et que j'apprécie par dessus tout ! C'est du plaisir et rien que du plaisir. ça me proccure beaucoup de bonheur Et puis, aujourd'hui est un grand jour : j'ai réussi à partager un repas avec plusieurs personnes...Sans culpabiliser, sans courir me faire vomir... Ouf, j'ai enfin l'impression d'en sortir, je me sens libre. merci encore et, jamais assez, à toutes et à tous ! 
par gaiia publié dans : lincestemavie
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Mardi 20 février 2007
DATE: 12/04/2006 03:51:09 PM J'ai enfin décidé de lâcher prise, ça y'est je crois que je suis en train d'y parvenir, petit à petit ! je ne m'inflige donc plus aucun ultimatum, je me donne le droit de "craquer La seule chose que je ne me donne pas le droit de faire, c'est mentir, car cela revient à me mentir moi-même, c'est terrible et je ne veux plus vivre dans le déni ! Alors voilà, depuis que j'ai craqué la dernière fois (jeudi dernier) je prends soin de moi, du mieux que je peux. Et j'ai bien l'intention de faire appel à vous si ça ne va pas, avant de me faire du mal ! Bon, je retourne sur vos blogs, prendre un peu de nourriture !, car oui, vous me nourrissez ! !
par gaiia publié dans : lincestemavie
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