Ma vie

J'ai été victime d'attouchements de la part de ma grand-mère jusqu'à l'âge de 12 ans, de violences physiques et verbales de la part de ma mère et ma grande soeur (mon père étant parti lorsque javais 4 ans).
Les violences allaient jusqu'à m'enfermer dans le placard des heures durant car " j'étais infernale, j'empêchais tout le monde de respirer !!!"
Et puis "elles" (ma mère et ma soeur, d'un commun accord) ont fini par me jeter de la chambre que je partageais avec ma soeur pour dormir par terre dans le salon... mes affaires étant restées dans la chambre de ma soeur, je ne pouvais y accéder puisque je n'avais pas le droit d'y entrer...
Je n'avais pas le droit non plus de marcher sur le même trottoir qu'elle pour aller à l'école, elle me réveillait la nuit à coups de livres sur la tête...; et ma mère me disait de me défendre !!!
Je précise que tout cela m'empêchait de grandir et de m'épanouir physiquement : il faut dire qu'à l'âge de 11 ans, je mesurais 1, 32 mètres et pesais 19 Kg, on pourrait rapidement faire le lien et dire que l'anorexie pointait le bout de son nez depuis la plus petite enfance !
Mais ce n'est pas tout, le voisin du dessus, un vieux qui battait sa femme et était alcoolique, emmenait mon chat dans la cave de l'immeuble pour boire et attendait que je vienne le chercher et puis il me chopait pour me tripotter, il m'asseyait sur sa table de travail, je me rappelle de tout, la façon dont ses outils étaient disposés sur le mur, son odeur d'alcool mêlée à la bave et à l'odeur de dents pourries.
Il me calait une jambe avec son ventre contre la table et me tenait par le haut du bras d'une main et me tripottait ma choupette de l'autre main.
Et je me laissais faire, pas au début, quand j'étais toute petite, je voulais lui donner des coups de pieds dans le ventre, je me rappelle de tout, je devais avoir 5 ans ou quelque chose comme ça, et puis après je me laissais faire.
Et puis le soir je prenais le bain avec ma mère et je la champouinais partout : le sexe, le nombril les seins.... ça a duré des années, c'était comme un rituel, j'en avais besoin, et elle se laissait faire....
Chemin faisant, je suis partie de la maison (trop de violence) à 15 ans, en vacances chez mon père (duquel j'ai été victime d'attouchements à l'âge de 4 ans et demi lors de vacances passées chez lui), Et puis au bout de deux mois il m'a foutu dehors "tu peux crever, je viendrais cracher sur ta tombe", qu'il m'a dit. Ma belle mère (âgée de 23 ans), m'a tabassée un bon coup devant lui, comme pour vérifier qu'il ne dirait rien....
Et je suis partie, sac-à-dos, errant (ça a duré des années).
Mais quelques mois après mon départ de chez mon père, un soir, alors que je logeais momentannément chez une copine (de beuverie), je suis rentrée un peu saoule et heureuse (j'avais quinze ans et demi), un homme est entré dans ma chambre et il m'a violée, j'avais fermé la porte à cléf mais il a passé son bras par le naco un peu plus haut.
J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourrir, je ne pouvais plus respirer, mais ça venait de dedans, dedans la gorge, je sais pas comment le dire autrement. J'ai eu aussi très très mal, la douleur a duré 2 semaines je ne sais plus très bien, c'était déchiré au niveau de ma choupette, ça saignait et la douleur se réveillait à chaque fois que je faisais pipi et que je me douchais.
Je n'ai pas porté plainte, j'avais peur qu'on me renvoie chez ma mère, j'étais perdue, j'ai pris mon sac et je suis repartie, j'ai tapé au hasard à plusieurs portes, et un couple d'homosexuels a accepté de m'héberger pour un mois. Je précise qu'à ce moment là j'étais à l'école bien sûr, en BEP secrétariat, les profs ne voyaient rien, je dormais dans la rue, dans des voitures, chez n'importe qui, par terre... et je me douchais dans les douches communes, je n'avais pas de livres mais je bossais bien, j'étais deuxième de la classe.
Je ne sais pas comment je faisais, ça venait tout seul (" la science infuse !!! ") J'ai eu la chance de tomber sur des gens qui abusaient un peu de ma gentillesse et de ma serviabilité mais pas de mon corps.
Cette errance a duré un peu plus de 7 ans, entre temps j'ai rencontré un mec avec qui j'ai "vécu" (erré) 4 ans, violent, alcoolique, mal dans sa peau. Puis je suis partie en afrique du sud pendant 4 mois, ça m'a permis de faire un peu le point et de me questionner sur mon avenir, c'est là que j'ai décidé de renter chez moi et de passer le concours d'entrée en formation d'éducatrice.
J'ai trouvé un boulot stable, pendant 3 ans qui me permettait de me poser et de préparer ce concours.
C'est là que j'ai rencontré un garçon avec qui je suis restée 3 ans, il était tellement gentil que je ne le supportais pas, ça m'éttoufait et je ne comprennais pas pourquoi " tant d'honneurs " pour une personne telle que moi (une pauv fille !!!), donc j'ai fait une dépression pendant un an.
Nous nous sommes séparés et là, grâce à cet homme, j'ai entrepris une thérapie, je suis entré en formation d'éducatrice 1 an après.
Donc rebelotte : déménager, démissionner, recommencer une nouvelle vie avec la formation, la thérapie, la galère car plus d'argent, perdu tous mes droits assedic puisque j'ai démissioné...
J'ai volontairement passé une multitude de détails : parmis lesquels de multiples agressions dont j'ai été victime pendant toutes mes années d'errance, agressions que je trouvais normales, puisque j'étais persuadée de ne mériter que ça.
En début de thérapie, les 6 premiers mois, tout allait "bien", trop bien, en fait je n'avais fait que gratter la première couche de vernis.
Restait donc l'essentiel, tout ce dont je n'avais pas réellement conscience, tout ce que je niais, les attouchements.
A cette époque, je préférais encore croire aux monstres, oui, je croyais que les nuits étaient pleines de monstres, que c'étaient eux qui mettaient leur mains dans ma culotte !!!!
Alors je suis devenue anorexique, je préférais ça plutôt que de dénoncer la relation incestuelle avec mon père et ma mère qui a nourrit mon enfance, je préférais ça plutôt que de dénoncer les attouchements de mémé la nuit lorsque je dormais dans son lit car elle ne me laissait pas d'autre choix.
Je préférais aussi ça plutôt que de dénoncer la violence morale et physique de ma soeur, l'isolement, les enfermements dans le placard, les coups, les humiliations.
La honte, l'impensable, tout ce que je ne pouvais pas dire et qui remplissait mon corps, à tel point que je me sentais vide. Alors qu'en fait j'étais pleine de vide, trop pleine de "vide d'amour", plus rien ne pouvait rentrer dans ce corps, rien.
Après être tombée à 39 kg pour un mètre 65, au mois de juin 2005, j'ai décidé de "me prendre en main" (aujourd'hui je dirai plutôt : "de prendre soin de moi") et depuis, je mange lamentablement quelques légumes vapeur le soir, toujours les mêmes, et parfois du poisson (vapeur aussi, on sait jamais des fois que je prendrais un gramme!!!!)
Mais que le soir, la journée je ne peux pas, je mange quelques fruits, je fais 2 h de sport par jour et je ne sais pas comment je tiens, mais en tout cas, j'ai arrêté de me faire vomir, et ça, c'est ma petite victoire, je n'en pouvais plus, il fallait que ça s'arrête, d'ailleurs, depuis que j'ai arrêté de vomir la nourriture, ce sont les mots qui sortent.
A moins que ce ne soit le contraire : depuis que je parle, j'ai arrêté de vomir, ça fait un an et demi maintenant.
Aujourd'hui, je ne suis pas plus heureuse, je ne dors pas plus la nuit, je suis toujours insomniaque, un peu angoissée, je ne veux plus qu'on me touche. 4 ans de thérapie et 4 ans que personne ne m'a touchée, pas même un coiffeur pour égaliser mes cheveux (qui m'arrivent aux fesses !).
Quoi qu'il en soit, je ne fais plus de cauchemars, j'ai compris que les monstres n'existaient pas et que ma mère n'est pas un ange, une chose sans sexe, idéale, idéalisable.
Oui, j'ai compris que c'était ma vie et qu'il allait falloir que je l'accepte une bonne fois pour toutes si je veux pouvoir vivre "normalement", c'est-à-dire : partager, m'ouvrir au monde extérieur. ça prendra peut-être 10 ans mais qu'importe !
J'ai coupé les ponts (définitivement?) avec ma famille le 29 août 2005, et j'ai fait une demande de changement de nom de famille, je ne peux porter plainte puisque ma grand-mère est morte et le vieux du dessus aussi.
Quant à une éventuelle plainte contre mes parents, ce n'est pas possible, le délai de prescription étant passé !!!! et oui, comme de nombreuses victimes d'inceste, je suis périmée !!!
Bon je stoppe là en espérant n'en avoir pas trop dit d'un coup, mais j'ai mis 28 ans à commencer à parler, aujourd'hui j'en ai 29 et quand j'en parle, ça sort tout d'un coup, mais ça me fait du bien et ça me laisse un peu de place pour les autres, pour les écouter.
Merci de prendre le temps de me lire, ça me fait du bien.

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Samedi 7 avril 2007
   Je pense qu'il s'agit là du même procédé que pour les horoscopes, c'est à dire qu'il s'agit d'analyses suffisamment vagues pour convenir à tout le monde. Quelle que soit la personne qui le lira, elle se sentira concernée...

Mais quand même ! là, c'est frappant, je suis stupéfaite par tant de réalité, surtout concernant la carte du jour.
à mon avis, il ne faut pas y aller trop souvent, plutôt occasionnellement.

merci à missparadoxe grâce à qui j'ai découvert ce site intéressant.

 
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Voici les couleurs que vous avez choisies.

Cette couleur raconte ce que vous êtes en train de vivre en ce moment. Elle précise ce qui se passe et la façon dont vous le gérez.

Marron matière
Vous avez pris des coups et vous avez du mal à vous en remettre. Vous avez de bonnes raisons de vous braquer, de “prendre la mouche”. Votre passé pèse et vous avez besoin maintenant de le régler. Votre priorité est de retrouver les souvenirs désagréables qui ont jalonné votre histoire. L’aide thérapeutique permet d’aller plus vite et surtout de ne pas s’insurger contre des chimères. Après en avoir fini avec votre passé, n'êtes-vous pas prêt pour envisager l’avenir, autrement !

Cette couleur vous informe des moyens qui sont à votre disposition et ce que la vie vous recommande de saisir comme circonstance favorable en ce moment.

Violet Mature lumière
Vous avez envie de diriger une équipe, en bon père, en tenant compte des compétences de chacun ? Et bien c'est l'heure. On a besoin d'une personne comme vous. Quelqu'un qui sait coordonner. Un être qui montre l'exemple et qui insuffle une dynamique de solidarité. Votre sens des priorités est salutaire, vous allez pouvoir donner le ton et changer de cap si nécessaire. On aime travailler sous vos ordres car vous prenez à coeur votre fonction de chef !

 

Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Dimanche 1 avril 2007



Et bien voilà, j'y suis, j'y renonce, ma mère, la sorcière, après avoir perçu sa nature (de mon point de vue), après l'avoir explorée, décortiquée, goûtée, avalée puis digérée, voilà qu'elle est partie, j'y ai renoncé.

Elle est loin, toujours là mais tellement loin

Que dire à tous vos messages? Si ce n'est qu'ils m'ont beaucoup émue, par leur présence, leur consistance, leur réalité, leur chaleur.
Une mère, oui lili, je pense que je suis ma propre mère, avec un peu de difficultés parfois, je ne suis pas sûre d'être une très bonne mère mais je me comprends de mieux en mieux, je gère mieux mes émotions, je fais moins office d'éponge vis-à-vis des autres, alors, peut-être que je suis sur la bonne voie.

Pour autant, vous tous réunis, je vous considère comme une bonne maman, une maman juste, je suis bien consciente que vous pesez vos mots, vous faites attention à vos propos pour ne pas me blesser. Je vis cela comme une marque d'attention, de respect, une preuve d'amour, c'est inestimable. Vous ne pouvez pas me blesser par l'attention que vous me portez, quand bien même vos propos seraient maladroits (ce qu'ils n'ont jamais été jusqu'à présent).
Non, vos commentaires me touchent, me procurent beaucoup de confiance en moi, me montrent aussi que je suis digne de respect.

Comment je me sens en ce moment ? c'est dur, j'ai traversé une période douloureuse ces dernières semaines, douloureuse mais soulageante aussi, elle se devait d'être comme ça cette période.
Tous ces renoncements ne sont que des boulets que je lâche, je me sens à chaque fois plus légère, mais c'est qu'ils sont difficiles à décrocher ces boulets, ils sont trop bien attachés à moi.
Je ne ressens plus le besoin de fouiller dans le passé, je me sens au clair avec tout ça, lorsque ça revient, c'est bien moins douloureux, c'est des souvenirs, seulement des souvenirs, comme un mauvais rêve. Et puis le fait de les écrire me permet de prendre de la distance.
Je ne ressens plus non plus le besoin de me souvenir à tout prix de ma première année d'errance, celle qui a suivi juste après le viol, cette année où j'ai tout oublié. J'ai eu parfois peur de ce qui pourrait se rappeler à moi de cette année : ... qu'ai-je fait ? Mais aujourd'hui, ça m'importe peu, ça ne peut pas être pire de toutes façons.

Voilà, je suis seule, mais je suis bien avec moi-même, c'est déjà pas mal. J'ai un travail qui me passionne, deux amies formidables qui me comprennent, un "psy-père-mère-frère-soeur-grand-père-grand-mère", vous qui me lisez et me comprenez aussi, tout ce petit monde autour de moi et dont vous faites partie qui me donne de l'amour, de l'écoute, de la tendresse, du temps, de la patience.

Voilà, alors comment je me sens, je me sens tout ça à la fois, je vais tant bien que mal, plus bien que mal quand même.
La tristesse, je crois qu'elle fait partie de ma nature, elle fait mon charme aussi, il me faut l'apprivoiser pour pouvoir vivre avec sans qu'elle soit douloureuse, je parviens à la transcender parfois, par la création, j'y mets beaucoup de couleurs, étrangement.

Et puis, en vous lisant, je prends conscience que la vie est dure pour nous tous mais qu'elle est aussi merveilleuse parfois, souvent même, la douleur est vécue par nous tous de la même façon, pas besoin de vivre le pire pour ça, elle nous prend, nous retourne dans tous les sens, pour nous laisser épuisés, mais nous nous relevons toujours, nous vivons avec ces douleurs, nous pouvons même en faire une force.

Je suis sur les flots, sur la mer, avant, j'avais une vieille barque, pleine de trous, manquant de couler à la moindre vague. Et puis petit à petit, j'apprends à me construire un vrai bateau, plus sûr, bien douillet, pour me mettre à l'abri en cas de tempête. J'affronte les vagues maintenant, bientôt, je serai même capable de survivre en pleine tempête ! Enfin, je me la coulerai douce lors des accalmies.

Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Vendredi 23 mars 2007
Elle veut une mère,
mais pas une sorcière,

Elle veut une mère toute ronde,
pas toute sèche

Elle veut une mère chaude,
pas froide,
une mère un peu étouffante,
une mère qui cuisine pas très bien mais qui le fait avec amour,
des cheveux mal coiffés, doux,
comme ça, elle pourra jouer dedans

Elle veut une mère qui lui parle d'un père
avec respect

Elle veut une mère qui a souffert
comme dans toutes les vies
de chacun d'entre nous
mais qui le dit,

Elle veut une mère qui se raconte
pour la comprendre
pour mieux se comprendre aussi

Elle veut une mère de coeur
et non pas une mère de pierre
une mère qui l'aura pas écrabouillée

Elle veut une mère qui la prend dans ses bras
et non pas qui tombe dans ses bras


Je voudrais me fabriquer une mère, comme je fabrique des jouets, des tableaux, je voudrais tant une mère pas parfaite, une mère de bric et de broc, une mère qui se trompe, une mère qui ne m'aime pas toujours, une mère qui est pas toujours d'accord avec moi (pour réparer les coups), une mère qui m'aura jamais fait de mal, qui m'aura jamais tapé, une mère que j'aurais pas été obligée d'abandonner pour me sauver (la vie).

Une mère qui m'aurait pas laissée partir... qui m'aurait pas abandonnée

J'ai écrit le début de ce texte sur les conseils d'Ariaga, à la troisième personne, ça fait bizarre, j'ai l'impression de perdre quelque chose (la petite fille) et de garder autre chose (moi ici et maintenant).
Je ne sais pas si ça me fait du bien, mais ça me fait pas de mal, c'est quand même moi mais pas d'aussi près.
Un bout de moi dans l'ailleurs, l'avant.



Ma mère........................,
Oui, je crois que l'état dans lequel je me trouve depuis quelques temps (peur de l'abandon, peur que mon psy ne disparaisse, qu'il m'abandonne) va avec le fait que je suis en train de renoncer à ma mère-la-sorcière.
Oui, je crois que je n'en veux plus, ça y'est, c'est fini, vient alors la peur du vide, du rien, du "plus de mère", et quoi alors ???
Qui va la remplacer ? pourquoi la remplacer ? d'ailleurs, en avoir une autre, est-ce la remplacer ?

Je veux une mère, une mère, une mère

J'ai demandé au psy s'il avait une maman, il m'a dit oui, j'ai pleuré, je lui ai demandé comment il fait avec sa maman, il m'a dit qu'il était pas très cool, elle l'agace, et je me suis dit, quelle chance il a, elle l'agace, si seulement je pouvais avoir une mère qui m'agace, avoir une mère.

Merci Ariaga, Merci à vous tous, je crois que vous constituez une bonne partie de ma mère, parce que vous êtes là
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Mercredi 21 mars 2007
Aux âmes sensibles,

Ne vous épargnez pas ce spectacle douloureux, au contraire, profitez de votre sensibilité pour diffuser l'information et vous révolter contre toute forme de barbarie.

Imaginez un instant ce que peut faire un homme capable de ce que vous allez voir et lire, à ses enfants, comment considère t-il la nature humaine ?










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Jeudi 15 mars 2007
Je me noie dans moi

je me noie de toi

la petite fille, oui toi,

parfois tu me noies



mais je vais grandir

devenir,

être de désir

prendre du plaisir



je vais boire la vie

sans me noyer dedans

oui je vais vivre la vie

celle qui me surprend

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Mardi 13 mars 2007

Maman, tu m'as dévorée, tu me dévores encore, jusque dans mes os, ton angoisse, tes non-dits, tes colères, tes yeux qui sortent de ton visage, ils me dévorent

Et quand tu frappes, ça t'exite autant que ça t'énerve, tu jouis, tu en redemandes, ça ne te suffit pas, tu frappes encore, le martinet, les coups de poing, tirer les cheveux, rien ne te satisfait jamais.

Dans le bain, tu en redemandes, je lave ton sexe, tes seins, tout ça est à moi, tout ça est moi, rien qu'à moi, l'odeur, la sensation, le toucher, tes tétons, tes gros seins, ton ventre, ton sexe, tes poils, je nettoie ton nombril, je suis encore dedans, c'est moi.

J'ai 8 ans, 10, et je suis encore dedans

Pourquoi ne m'as tu pas délivrée de ce corps bien avant ? c'est trop tard maintenant

Ce corps, si tu ne me laissais pas le toucher, si tu m'expliquais qu'il t'appartient à toi et à toi seule, peut-être que je pourrais enfin dire à ceux qui touchent mon corps la même chose : ce corps est à moi, rien qu'à moi, personne ne peut le toucher à part moi.
Mais non, toi, au lieu de ça, tu m'appprends à toucher ton corps,

Encore et encore,

Mon rituel à moi, c'est pas la comptine du soir

Mon rituel à moi, c'est ton corps, tes coups, la seule attention que tu veuilles bien me porter.

Je suis maigre, rachitique dis-tu
Et oui, la seule façon que j'ai trouvé d'attirer ton attention (tes coups), c'est de ne pas manger.... alors je ne mange rien, je te pousse à bout, je pousse le paroxysme jusqu'à ce que tu me lances l'assiette  à la gueule, même aux animaux on leur fait pas ça.
Tu me prends par les cheveux, des deux mains, et tu tires, et tu secoues, tu m'arraches des poignées entières de cheveux, et moi je jouis, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii tu t'occupes enfin de moi ! j'en redemande

Comme ça, sonia ma soeur, elle aussi elle s'occupe de moi, elle aussi elle me tape, et quand elle m'enferme dans le placard... je me sens en sécurité, juste à ma taille, mon petit placard où il fait tout noir, je m'assois et je sors ma petite luciole, et j'attends, je suis patiente... 1 heure, 2 heures, 3 heures... ???

T'es une sorcière maman, mais t'es la plus beeeelle maman du monde, c'est ce que j'ai dit à la dame du supermarché le jour où tu es partie sans moi, tu m'as oubliée, j'ai 6 ans, je pleure. Ma maman, c'est la belle dame tout en rouge, elle est blonde on dirait une barbie.

Ma maman, celle de mes rêves, ma barbie, où es tu ? Voilà, je pleure, comme une petite fille

Merci de vos messages, oui, c'est vrai, je l'aie brisée la chaîne, c'est sûr, plus jamais ça

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Dimanche 11 mars 2007

Voici une photo qui me fait penser à ma grand mère maternelle, elle me fait aussi penser à ma mère ...

Horrifiée, en colère, vieille et usée, fatiguée

Sur son lit de mort



Moi plus tard ???


Ai-je brisé la chaîne ? chaîne de violence, d'inceste, de non-dits, d'humiliations, de haine...
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Vendredi 9 mars 2007
Bon, ben là, je suis triste, bien triste... je me sens seule, comment dire, il faut que ça sorte, je ne sais pas comment l'exprimer et je n'ai pas envie de me ressasser les choses dans ma tête comme ça, envie de dire, de partager.
Pas vu le psy cette semaine, il était absent, problème de voiture, ça m'a fait tellement mal que lorsque la secrétaire est venue me le dire, je lui ai dit que "c'est pas grave, je vais attendre quand même" !!!!
Incapable de partir comme ça, c'est pas possible non, il va pas m'abandonner alors que j'ai fait un cauchemar cette nuit et que je me sens mal...
Et bien si, c'est un être humain comme les autres, avec ses maladies, ses pannes de voitures, même qu'un jour il mourra... Je suis égoïste, je le veux rien que pour moi dans ce moment là, tous les vendredis de 13h30 à 14h30, j'arrive toujours une demi heure en avance, comme ça, j'ai l'impression que ça dure un peu plus.
D'ailleurs, je peux dire que ça dure toute la semaine puisque je rumine dans ma tête toute la semaine, comment faire autrement???
Pas de famille, peu d'amis...
Parfois je vais à la médiathèque, espérant que quelqu'un m'abordera pour me demander un stylo ou du blanco, et puis rien... rien de rien.


Le lendemain il m'a appelée (le psy) parceque je lui avais laissé un mot pour lui dire combien j'étais triste et combien c'était dur pour moi de partir sans mon papier de rendez-vous pour la semaine prochaine, je me sentais tomber dans le vide, en chute libre, seule, abandonnée.
Alors quand j'ai entendu sa voix au téléphone, j'étais médusée, stupéfaite, incroyable, il m'appele, alors je le mérite ??? je mérite qu'il me donne un tant soit peu d'intérêt pour prendre deux minutes de son précieux temps pour m'appeler et me fixer un autre rendez-vous ? incroyable, moi qui croyais que je ne valais rien, pas même un coup de téléphone.
Rendez-vous pris donc pour vendredi prochain, même heure, ça va être long, dur, je vais m'accrocher.
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Mardi 6 mars 2007
La maison que je désire batir             pour nous
N'est pas taillée de pierres et bordée de fleurs, elle n'existe pas,
elle est partage, échange, elle est vous             et moi             à la fois
Elle est en chacun de nous

Elle est multiple et vive, et transparente,
Comme un coffre à trésors dans un grenier imaginaire,
Tellement pleine et présente,
Invisible et nécessaire

Belle et immatériellle
Ici et là, partout et nulle part
Quoique je fasse, jamais ne suis loin d'elle
Elle m'accompagne toujours lorsque je pars

J'y invite mes voisins et mes pairs
Elle nous accueille tous les bras ouverts
Nous y partageons nos joies et nos peines
Essayant de retrouver une Vie et des âmes sereines

Comme nous y sommes  bien,
Dans ce lieu d'échanges,
Dans ce lieu paisible, cette maison bâtie
Du meileur de toi, du meilleur de moi.
Viens, entres
viens             dans mon antre
Offres toi ce hâvre             de paix
Il est en toi parcequ'il             est
Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Vendredi 2 mars 2007
petit corps déchiré
petit corps insensible
petit corps divisé
...             indiscible

petits os qui craquent
chaque bout d'os
que             je compte
l'un après l'autre me montrent
que ce petit corps             est en vie

besoin de craquer pour vivre
besoin de survivre

douleur intense
douleur lancinente
douleur agaçante
sans toi,             que serai-je ?
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