Ma vie

J'ai été victime d'attouchements de la part de ma grand-mère jusqu'à l'âge de 12 ans, de violences physiques et verbales de la part de ma mère et ma grande soeur (mon père étant parti lorsque javais 4 ans).
Les violences allaient jusqu'à m'enfermer dans le placard des heures durant car " j'étais infernale, j'empêchais tout le monde de respirer !!!"
Et puis "elles" (ma mère et ma soeur, d'un commun accord) ont fini par me jeter de la chambre que je partageais avec ma soeur pour dormir par terre dans le salon... mes affaires étant restées dans la chambre de ma soeur, je ne pouvais y accéder puisque je n'avais pas le droit d'y entrer...
Je n'avais pas le droit non plus de marcher sur le même trottoir qu'elle pour aller à l'école, elle me réveillait la nuit à coups de livres sur la tête...; et ma mère me disait de me défendre !!!
Je précise que tout cela m'empêchait de grandir et de m'épanouir physiquement : il faut dire qu'à l'âge de 11 ans, je mesurais 1, 32 mètres et pesais 19 Kg, on pourrait rapidement faire le lien et dire que l'anorexie pointait le bout de son nez depuis la plus petite enfance !
Mais ce n'est pas tout, le voisin du dessus, un vieux qui battait sa femme et était alcoolique, emmenait mon chat dans la cave de l'immeuble pour boire et attendait que je vienne le chercher et puis il me chopait pour me tripotter, il m'asseyait sur sa table de travail, je me rappelle de tout, la façon dont ses outils étaient disposés sur le mur, son odeur d'alcool mêlée à la bave et à l'odeur de dents pourries.
Il me calait une jambe avec son ventre contre la table et me tenait par le haut du bras d'une main et me tripottait ma choupette de l'autre main.
Et je me laissais faire, pas au début, quand j'étais toute petite, je voulais lui donner des coups de pieds dans le ventre, je me rappelle de tout, je devais avoir 5 ans ou quelque chose comme ça, et puis après je me laissais faire.
Et puis le soir je prenais le bain avec ma mère et je la champouinais partout : le sexe, le nombril les seins.... ça a duré des années, c'était comme un rituel, j'en avais besoin, et elle se laissait faire....
Chemin faisant, je suis partie de la maison (trop de violence) à 15 ans, en vacances chez mon père (duquel j'ai été victime d'attouchements à l'âge de 4 ans et demi lors de vacances passées chez lui), Et puis au bout de deux mois il m'a foutu dehors "tu peux crever, je viendrais cracher sur ta tombe", qu'il m'a dit. Ma belle mère (âgée de 23 ans), m'a tabassée un bon coup devant lui, comme pour vérifier qu'il ne dirait rien....
Et je suis partie, sac-à-dos, errant (ça a duré des années).
Mais quelques mois après mon départ de chez mon père, un soir, alors que je logeais momentannément chez une copine (de beuverie), je suis rentrée un peu saoule et heureuse (j'avais quinze ans et demi), un homme est entré dans ma chambre et il m'a violée, j'avais fermé la porte à cléf mais il a passé son bras par le naco un peu plus haut.
J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourrir, je ne pouvais plus respirer, mais ça venait de dedans, dedans la gorge, je sais pas comment le dire autrement. J'ai eu aussi très très mal, la douleur a duré 2 semaines je ne sais plus très bien, c'était déchiré au niveau de ma choupette, ça saignait et la douleur se réveillait à chaque fois que je faisais pipi et que je me douchais.
Je n'ai pas porté plainte, j'avais peur qu'on me renvoie chez ma mère, j'étais perdue, j'ai pris mon sac et je suis repartie, j'ai tapé au hasard à plusieurs portes, et un couple d'homosexuels a accepté de m'héberger pour un mois. Je précise qu'à ce moment là j'étais à l'école bien sûr, en BEP secrétariat, les profs ne voyaient rien, je dormais dans la rue, dans des voitures, chez n'importe qui, par terre... et je me douchais dans les douches communes, je n'avais pas de livres mais je bossais bien, j'étais deuxième de la classe.
Je ne sais pas comment je faisais, ça venait tout seul (" la science infuse !!! ") J'ai eu la chance de tomber sur des gens qui abusaient un peu de ma gentillesse et de ma serviabilité mais pas de mon corps.
Cette errance a duré un peu plus de 7 ans, entre temps j'ai rencontré un mec avec qui j'ai "vécu" (erré) 4 ans, violent, alcoolique, mal dans sa peau. Puis je suis partie en afrique du sud pendant 4 mois, ça m'a permis de faire un peu le point et de me questionner sur mon avenir, c'est là que j'ai décidé de renter chez moi et de passer le concours d'entrée en formation d'éducatrice.
J'ai trouvé un boulot stable, pendant 3 ans qui me permettait de me poser et de préparer ce concours.
C'est là que j'ai rencontré un garçon avec qui je suis restée 3 ans, il était tellement gentil que je ne le supportais pas, ça m'éttoufait et je ne comprennais pas pourquoi " tant d'honneurs " pour une personne telle que moi (une pauv fille !!!), donc j'ai fait une dépression pendant un an.
Nous nous sommes séparés et là, grâce à cet homme, j'ai entrepris une thérapie, je suis entré en formation d'éducatrice 1 an après.
Donc rebelotte : déménager, démissionner, recommencer une nouvelle vie avec la formation, la thérapie, la galère car plus d'argent, perdu tous mes droits assedic puisque j'ai démissioné...
J'ai volontairement passé une multitude de détails : parmis lesquels de multiples agressions dont j'ai été victime pendant toutes mes années d'errance, agressions que je trouvais normales, puisque j'étais persuadée de ne mériter que ça.
En début de thérapie, les 6 premiers mois, tout allait "bien", trop bien, en fait je n'avais fait que gratter la première couche de vernis.
Restait donc l'essentiel, tout ce dont je n'avais pas réellement conscience, tout ce que je niais, les attouchements.
A cette époque, je préférais encore croire aux monstres, oui, je croyais que les nuits étaient pleines de monstres, que c'étaient eux qui mettaient leur mains dans ma culotte !!!!
Alors je suis devenue anorexique, je préférais ça plutôt que de dénoncer la relation incestuelle avec mon père et ma mère qui a nourrit mon enfance, je préférais ça plutôt que de dénoncer les attouchements de mémé la nuit lorsque je dormais dans son lit car elle ne me laissait pas d'autre choix.
Je préférais aussi ça plutôt que de dénoncer la violence morale et physique de ma soeur, l'isolement, les enfermements dans le placard, les coups, les humiliations.
La honte, l'impensable, tout ce que je ne pouvais pas dire et qui remplissait mon corps, à tel point que je me sentais vide. Alors qu'en fait j'étais pleine de vide, trop pleine de "vide d'amour", plus rien ne pouvait rentrer dans ce corps, rien.
Après être tombée à 39 kg pour un mètre 65, au mois de juin 2005, j'ai décidé de "me prendre en main" (aujourd'hui je dirai plutôt : "de prendre soin de moi") et depuis, je mange lamentablement quelques légumes vapeur le soir, toujours les mêmes, et parfois du poisson (vapeur aussi, on sait jamais des fois que je prendrais un gramme!!!!)
Mais que le soir, la journée je ne peux pas, je mange quelques fruits, je fais 2 h de sport par jour et je ne sais pas comment je tiens, mais en tout cas, j'ai arrêté de me faire vomir, et ça, c'est ma petite victoire, je n'en pouvais plus, il fallait que ça s'arrête, d'ailleurs, depuis que j'ai arrêté de vomir la nourriture, ce sont les mots qui sortent.
A moins que ce ne soit le contraire : depuis que je parle, j'ai arrêté de vomir, ça fait un an et demi maintenant.
Aujourd'hui, je ne suis pas plus heureuse, je ne dors pas plus la nuit, je suis toujours insomniaque, un peu angoissée, je ne veux plus qu'on me touche. 4 ans de thérapie et 4 ans que personne ne m'a touchée, pas même un coiffeur pour égaliser mes cheveux (qui m'arrivent aux fesses !).
Quoi qu'il en soit, je ne fais plus de cauchemars, j'ai compris que les monstres n'existaient pas et que ma mère n'est pas un ange, une chose sans sexe, idéale, idéalisable.
Oui, j'ai compris que c'était ma vie et qu'il allait falloir que je l'accepte une bonne fois pour toutes si je veux pouvoir vivre "normalement", c'est-à-dire : partager, m'ouvrir au monde extérieur. ça prendra peut-être 10 ans mais qu'importe !
J'ai coupé les ponts (définitivement?) avec ma famille le 29 août 2005, et j'ai fait une demande de changement de nom de famille, je ne peux porter plainte puisque ma grand-mère est morte et le vieux du dessus aussi.
Quant à une éventuelle plainte contre mes parents, ce n'est pas possible, le délai de prescription étant passé !!!! et oui, comme de nombreuses victimes d'inceste, je suis périmée !!!
Bon je stoppe là en espérant n'en avoir pas trop dit d'un coup, mais j'ai mis 28 ans à commencer à parler, aujourd'hui j'en ai 29 et quand j'en parle, ça sort tout d'un coup, mais ça me fait du bien et ça me laisse un peu de place pour les autres, pour les écouter.
Merci de prendre le temps de me lire, ça me fait du bien.

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Samedi 9 juin 2007
Matin :
Grande marche dans les hauts

4h20, mille deux cent mètres de dénivelé
Nous mangeons des fruits cueillis à même les arbres
Admirons la vue superbe de toutes parts
Magnifique
Mer tranquille

Après-midi :
Plongée sous-marine,
Belle raie léopard, elle passe, nous aperçoit et s'en va
Magistrale, elle se paie le luxe de nous tourner le dos
Elle semble voler... et pourtant, elle nage

Tortue, une belle tortue, elle nous ignore mais elle est là, tout près de nous
Vient une plus petite tortue, maligne et espiègle


Elle nous regarde, nous toise, semble attendre
Elle attend
Nous l'approchons
Nous la chatouillons, je la gratte entre les écailles, endroit le plus sensible

Elle ne sait pas que je sais,
Elle semble trouver ça agréable
Elle tourne tourne tout autour de nous
Elle est belle, espiègle oui, vraiment
Dès lors que je ne la gratte pas où il faut, elle s'en va
Puis elle revient comme pour voir si j'ai bien compris la leçon

Belle journée
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Dimanche 27 mai 2007
Certaines personnes viennent à moi, elles semblent apprécier ma compagnie, je me demande parfois pour quelles raisons... quelques restes de manque d'estime sûrement...
En fait, ça me rassure, d'ailleurs, je commence à trouver la compagnie plutôt agréable, ça ne m'agresse plus, bien au contraire, ça m'invite
ça m'invite à en ressentir à nouveau le besoin

La semaine dernière, en thérapie, nous en sommes venus à parler de mon père. Je dis "nous" car je ne suis pas encore capable d'admettre que c'est de moi qu'est venu le sujet. Et pourtant, c'est bel et bien moi qui ait ressenti et exprimé le besoin d'en parler

J'ai honte, ces souvenirs là sont différents des souvenirs de ma mère, les souvenirs que j'ai de ce que ma mère me faisait sont des souvenirs douloureux, des souvenirs de douleur physique, d'humiliation, de rejet, de sentiment d'abandon...
Mais avec mon père c'est différent, je joue, je joue avec son zizi... bref, je passe les détails.
Donc la honte que je ressens aujourd'hui, c'est la honte de ma naïveté d'enfant de l'époque, j'avais 4 ou 5 ans.

Alors j'ai tenté (à la demande du psy) de dessiner les scènes... pas capable, je pleurais comme une madeleine.

Paradoxalement, je me sens plus légère, comme à l'habitude, comme à chaque fois que je vide un peu plus mon sac, sentiment banal sûrement.

Je vous aime, tous, toutes les personnes qui m'entourent et dont vous faites partie.
J'ai besoin de vous tous, j'ai besoin de me sentir exister à travers vous tous, j'ai besoin de vous comprendre pour mieux me comprendre, j'ai besoin de comprendre qui je suis dans votre regard.

Je suis soulagée de savoir qu'aujourd'hui, je suis enfin capable de m'entourer de personnes bienveillantes, attentionnées, "saines".

Ma vie a pris une autre tournure, un autre sens, elle a d'autres couleurs, elle est plus claire aussi.
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Samedi 19 mai 2007


C'est nue, seule et dans le noir que j'ai pu me révéler, me réveiller aussi,

C'est nue seule et dans le noir que je peux encore, à chaque fois me regarder, regarder ce que tu as fait de moi pour mieux me détacher de cette image et en recréer une rien qu'à moi

C'est seulement après cet état que je peux m'habiller, m'inventer, me dire.
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Jeudi 17 mai 2007
Un brin de lumière

Un rien m'éclaire

Je file
Je mets le café dans la machine
je mets............... Le café..............
Je regarde dehors..............
J'allume
Je bois............... L'odeur

ça siffle
Ma tête....................coeur
Les couleurs
de ta peau et l'odeur aussi............... je te touche
du bout de mes doigts.................... je touche ton absence
tu es pourtant là...................... tu n'es point
c'est dans ton absence que je sens ta présence
noir......................... c'est tout noir
tu es la lueur, l'espoir
mon miroir
c'est dans ton absence que je me vois..............sans toi
tu existes, tu es là, dans le noir
c'est dans ton absence que je sens ma présence
moi, là, dans le noir, dans l'absence de toi
je suis présente à toi
je suis à moi, c'est par toi que je suis à moi
sans toi, je me noie
Je bois
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Samedi 12 mai 2007
Corps à prendre
Prendre ce qu'il reste
Reste des bouts
Bouts d'os craqués
Craqués par le poids
Le poids trop lourd à porter

Porter le fardeau
Fardeau de toi
Toi la mère
Mère de mes combats
Mère de mes souffrances
Mère du doute
Mère de ma tristesse

C'est toi, la mère
La sorcière
Toi qui a posé ce lourd fardeau
Si lourd sur mes frèles épaules
Toi qui a décidé de me (te) détruire

Mon corps
Corps décharné
Corps craqué de mes os
Corps lisse de ma peau
Mes doigts s'enfoncent
Ton sexe dévoilé me fascine
Je jouis de te toucher
Je jouis de te jouir
8 ans, 10 ans peut-être
Petite fille
Misère, misérable petite fille

Quand cesseras-tu ?
Tourments
Maman
Tes tourments
Que ressens-tu ?
Est ce que la jouissance te donne la force ?
Jouir de moi, ta fille

Écrasée, écrabouillée
Massacrée, te voilà
Ta massue à la main
Dans mon rêve, te voilà
Dans tous mes rêves te voilà
Tu me dévores, tu me poursuis

C'est fini maintenant, fini
Vois, aies conscience de la souffrance
Aies conscience des conséquences
Conséquences de tes actes
Conséquences de tes douleurs

Tu es partie maman,
Mon coeur est vide
Vide de toi
Vide par toi
Il se remplit maintenant
Il se remplit de joie
Dans l'absence de toi
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Jeudi 3 mai 2007
Ceci était un échange proposé par Captaine lili
Voilà mon beau et doux jardin, composé à plusieurs :
Petite Cerise, Fred (blog Fred Reloaed), Irène, Sérénissime (blog Retourne vers toi). Je trouve cet exercice d'écriture extrêmement enrichissant.
Ainsi, si j'ai commencé mon poème par une note quelque peu mélancolique, je remercie celles et ceux qui y ont participé pour lui avoir redonné un espoir, un avenir, un futur !
Et oui, mon beau jardin fleurira un jour, c'est sûr !



Dans mon jardin de souvenirs
J'y ai planté quelques soupirs
Arrosés de mes désirs
Caressés par ton sourire





J'y avais semé quelques regrets
Pour avoir encore de quoi rêver
T'imaginer refleurir mes terres
Pour recueillir encore plus de lumière




Mais ce jardin est sans repère
Trop peu de toi cela m'exaspère
Croire aux saisons, croire aux retours
Ensemencer est compte à rebours




J'y ai semé beaucoup d'espoir
N'acceptes plus le désespoir
Avec moi, prends ton plus bel arrosoir
Et d'amour, de paix, donne-toi enfin à boire






Nous nous y promènerons le soir

Tu auras revêtu ta robe de moire
Nous irons cueillir les souvenirs
Pour imaginer l'avenir

Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Jeudi 26 avril 2007
Question posée par Irène...

Et dire que c'est moi qui ai insisté pour y répondre... Peut-être tout simplement pour me mettre face à mes difficultés : mon incapacité à me projeter, à faire des projets pour mon avenir
Bien sûr, mon premier réflexe est de dire : je n'ai besoin de rien
soit
Seulement, il ne s'agit pas là de besoin mais plutôt d'envie, de plaisir, de plus...
C'est ça qui me dérange, y ai-je droit ? ai-je droit moi au superflu, au plaisir, quel plaisir ? qu'est ce que le plaisir ?
Qu'est ce qui me ferait plaisir que je ne pourrait me payer que par une grosse somme d'argent ?
Est-ce que quelque chose de matériel pourrait me rendre heureuse ? est-ce le but ?
fini les questions
Oui, le but est de me rendre heureuse, pas de me demander si je le mérite ou non

- Alors en tout premier lieu : le voyage
Partout où je ne rêve même pas d'aller puisque je ne connais pas !
J'irai donc partout

- Ensuite, construire une belle maison, dans la montagne, avec plusieurs chambres au rez-de-chaussée, une salle de bain par chambre, une cuisine et puis une nurserie.... Le tout pour accueillir des mamans en situation difficile avec leurs enfants, en pleine nature
Un climat frais, pas trop humide, des petites plantations, un potager, des fleurs, des arbres
Une équipe pour travailler avec moi ??? mmmmmmmmm je ne sais pas, peut-être une femme de ménage qui s'occuperait aussi de faire la cuisine le midi... les mamans seraient autonomes. 4 pas plus, avec leur 4 enfants, ça fait 8. Des intervenants extérieurs, ça oui, pour faire tout un tas de choses.
Faire des stages de massage indien pour enfants et adultes, je partirai plusieurs fois par an.

Ah oui, au fait, je vivrai au dessus, à l'étage, j'aurai mon indépendance avec une petite cour derrière, autonome, rien que pour moi, mon petit hâvre de paix. J'aurai mon petit potager, mes animaux, une biquette, toute blanche...
J'aurai des chats, des minous partout, pas trop quand même hein !
J'achèterai suffisamment de vélos pour tout le monde avec des petits sièges derrière pour les enfants. Nous partirions faire des ballades...
Est-ce qu'un homme un jour partagera des projets comme celui-ci avec moi? Est-ce que quelqu'un viendra un jour me tendre la main ? Je n'aurai pas le courage de le faire, je ne peux pas, il faut quelqu'un de borné, qui insiste, qui n'a pas peur, qui a suffisamment de courage pour deux, moi, je ne l'ai pas ce courage là : aller vers l'autre.
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Mercredi 25 avril 2007

Comment je me sens après avoir revu la petite fille que j'étais se faire tartiner la gueule avec de la pâté pour chat par ma mère -la sorcière- ?

Bon et bien, dans un premier temps, sidérée, puis place à la tristesse, l'incompréhension,
Déstabilisée,
Comme si je me sortais d'un tremblement de terre,
Encore un édifice de cette "bonne mère" qui s'écroule, un pan tout entier de mon rêve qui se brise en mille morceaux

Et oui, cette mère là est bien une sorcière, une vraie

Et dire que dans les moments les plus fous, dans la violence extrême, elle savait encore faire culpabiliser la petite fille,
Elle savait ce qui marchait,
Aller dans la salle de bain et pleurer, en se tenant la tête entre les mains,
Oui, elle savait la sorcière, elle savait que la petite fille que j'étais allait craquer, elle savait qu'elle allait pouvoir se vider de sa propre culpabilité pour la transmettre et la faire porter par sa fille,
La petite fille,
Moi.

L'ange qu'elle était est devenue sorcière

Regardez là danser,
Jouir de sa cruauté,
Jouir de sa soi-disant détresse,
Jouir de me faire porter le lourd fardeau de la culpabilité, de son soi-disant sacrifice




À présent, je n'ai plus peur de l'abandon -pour combien de temps?- je me sens libre, soulagée, légère
Je m'envole vers des souvenirs plus doux, et dans un présent plus serein
La petite fille est là, dedans, parfois elle pleure, parfois elle se souvient, jamais elle ne pourra oublier, elle ne nie plus, elle ne dénie plus, elle sent la colère de la femme monter, cette femme que je suis devenue, oui, il est temps, il est temps d'exprimer la colère
Enfin
Merci Ariaga, petit-à-petit, je parviens à me différencier de la petite fille, non pas à m'en séparer, mais à la regarder, la prendre là, tout près de moi, la serrer dans mes bras, la rassurer, pour lui assurer que plus jamais ça. C'est fini, oui, bel et bien fini.
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Mardi 10 avril 2007
Gaïa
 
MA Gaïa,

Ma grosse doudoune... comme j'aime à l'appeler,

C'est toute une histoire.
C'est mon compagnon, de galères et de petits bonheurs, c'est celle pour qui, pendant le temps le plus douloureux de ma thérapie, je me suis levée le matin, celle pour qui je rentrais le soir, celle pour qui j'avais encore un lointain goût de vie, celle devant qui je n'ai pas osé me pendre.
J'y ai pourtant pensé, j'avais tout prévu, tout imaginé, je pense que la vis du plafond, prévue pour un lustre, aurait très bien pu soutenir le poids de mon si maigre corps.
Tout était prévu.... sauf que...
Et oui, sauf que la Gaïa, pas question de la donner à quelqu'un (qui???), pas question non plus de la faire euthanasier en pleine force de l'âge, encore moins question de me pendre devant elle.
J'étais coincée, réduite à vivre ma souffrance et tous ces souvenirs qui se révélaient à moi, avec tous ces détails insupportables qui, s'ils ne se rappelaient pas en mots, se rappelaient en cauchemars.
Impossible de dormir, impossible de manger sans vomir, impossible de vivre.
Et puis Gaïa, ma princesse, elle est là, elle me fait toujours la même fête le matin, elle est certe un peu triste, triste de me voir et me sentir ainsi, triste aussi de vivre dans ce minuscule et glauque appartement dans lequel je me complaît.
Mais elle est là, toujours aussi douce, toujours aussi tendre, câline.
Elle sent bon.
Elle est belle.
Elle est douce.

Je me suis aperçue un jour qu'elle grattait le carelage la journée lorsque j'étais en formation, le vétérinaire m'a dit que c'était le stress, c'est comme si on se mangeait les ongles.

Alors, pour elle, pour nous : elle et moi, je me suis levée, j'ai décidé de prendre soin de moi (nous), j'ai trouvé un petit appart avec jardin (c'est quand même mieux de gratter la terre !), j'ai aussi arrêté de vomir (pour un temps), j'ai jeté la balance qui me torturait à me dire : tu as encore perdu du poids = vilaine / tu as pris du poids = horreur / tu n'as ni pris ni perdu = bonne à rien.... je pesais aux alentours de 39 kg
...
Enfin, tout ça pour vous dire que la Gaïa, c'est la prunelle de mes yeux, c'est mon doudou à moi.
Elle me rassure par sa tranquilité, son attitude de chien sauvage parfois, elle a peur de tout et de tout le monde, mais dès qu'elle adopte quelqu'un, c'est pour la vie.
Capable de reconnaître la personne des années après.

Je l'aie nommée Gaïa car, la personne avec laquelle je vivais à l'époque où je l'aie eue m'a dit : "elle est trop belle, il faut lui donner un nom de princesse, de reine "... alors je lui ai donné un nom bien plus que ça, un nom de déesse..... pas anodin : la terre.
Gardienne de la terre, fertilité.

Elle est vieille ma Gaïa, elle a dix ans, elle commence à souffrir de l'arthrose, c'est qu'elle n'a que trois pattes, alors l'arthrose pour elle, c'est dur.
Je sais que je vais la perdre, d'ici un an ou deux peut-être, elle souffre aussi beaucoup de la chaleur, je la sors le plus possible, pour qu'elle s'amuse, elle mange le corail quand je l'emmène à la plage, elle aime nager, elle aime plonger sa gueule dans l'eau pour prendre un beau corail.


Mais la chaleur, ça la tue.
Je n'ai pas de regrets, je suis prête, prête à l'idée de la perdre, je ferai avec, je serai triste bien sûr, mais elle sera toujours là, dans mon coeur
Gaïa, c'est la première, la seule et unique qui reste et que j'ai gardée à mes côtés pendant dix ans, c'est la première fois que ça m'arrive, cette fidélité.
Même parmi mes amis je ne suis pas capable de donner et recevoir autant.


Gaïa, c'est aussi toute une histoire personnelle : se faire écraser, que dis-je : écrabouiller les deux pattes arrière par une voiture, perdre tout son sang, avoir les os brisés, plus de peau sur la moitié des deux pattes, se faire amputer d'une patte et avoir l'autre en charpie..... faire quand même la fête à sa maîtresse au moment de partir de chez le vétérinaire, tolérer les soins, tous les jours pendant trois mois, réapprendre à nager, sauter, vivre.

Voyez comme elle me redonne le sourire :


Elle mérite bien plus que cette simple et modeste note, mais je ne sais lui donner plus que ce qu'elle attend de moi car elle n'attend de moi que ce que je suis capable de lui donner sur le moment, et rien de plus, c'est pour ça que l'estime tant.

Et puis il y a son chat : Lili


Oui, oui, je dis bien SON chat, car c'est son chat à elle, elles se font la fête, se mangent et se lèchent le museau, Gaïa lui prête volontiers sa queue ou sa patte pour les mordiller...
Une belle histoire d'amitié

Voilà, ça ne répond peut-être pas à vos questions, mais dès que je parle de Gaïa, c'est ça qui vient !
merci de me lire et de me répondre, vous êtes bien présents à moi.
Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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Lundi 9 avril 2007

C'est la crise au moment du repas, comme d'habitude : j'ai peut-être 10 ou 11 ans.. à peu près, je refuse de manger, comme d'habitude, maman se fâche, elle s'énerve, crie, "j'en peux plus".
Elle se lève, va prendre le reste de la pâtée du chat, me l'étale en pleine gueule,
pleure,
part,
à la salle de bain,
ferme la porte,
se tient la tête dans les mains et pleure (elle fait toujours ça quand elle pleure)
je culpabilise,
je vais à la salle de bain, je pleure aussi

je la prends dans mes bras.


Ces derniers jours je fais plein de mauvais rêves, qu'on agresse Gaïa ma chienne, elle souffre puis meurt, ou qu'on m'agresse, on me donne des coups de poing.
Je fuis
Par gaiia - Publié dans : lincestemavie
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